Anita Dolfus

Quatre ans après en avoir pris la direction, Anita Dolfus quitte cette semaine l’Institut français de Tétouan. À cette occasion, le Consulat général de France à Tanger vous propose de découvrir son portrait ainsi qu’un focus sur l’Institut.

PNG - Quel était votre parcours avant de rejoindre l’Institut français de Tétouan ?
Après une formation en arts appliqués et une première expérience dans l’enseignement en collège, j’ai été recrutée en 1976 à l’École française de Damas en tant qu’enseignante. Pour ce premier séjour, je suis restée six ans en Syrie, où j’ai notamment appris l’arabe et je me suis beaucoup intéressée à ce pays. J’ai ensuite vécu deux ans à Abou Dhabi ; j’étais là aussi enseignante au Lycée français Louis Massignon. Je me suis également engagée à l’Alliance française, où j’accompagnais les différentes actions qui y étaient menées et où je donnais des cours de français. Puis je suis retournée à Damas, où j’ai été nommée chargée de mission culturelle au Centre culturel français ; j’y étais notamment responsable des expositions et de la programmation culturelle, en particulier dans les arts visuels. J’y suis à nouveau restée six ans. Pendant ces douze années passées en Syrie au cours desquelles j’ai sillonné ce pays, j’ai pu découvrir le Moyen-Orient, les cultures de cette région et les strates de son histoire.

Je suis rentrée en France au début des années 1990. Après un bref passage à l’Éducation nationale, j’ai été engagée à l’Institut du monde arabe où j’ai travaillé dix ans, jusqu’en 2003. J’y étais responsable d’action culturelle, chargée des publics, pour lesquels j’ai notamment mis en place des projets jeunesse.

Je suis de nouveau partie à l’étranger comme chargée de mission culturelle pour le cinéma et l’art contemporain à Tunis, où je suis restée quatre ans. J’ai eu le plaisir d’y mener également de très belles actions. Puis je suis partie pour l’Italie, donc dans le bassin méditerranéen toujours mais, cette fois-ci, côté européen. J’ai eu la grande chance d’être à Venise pendant deux ans, où je cumulais les deux fonctions de déléguée culturelle et de directrice de l’Alliance française. Après Venise, j’ai pris la direction de l’Institut français de Florence et, pour finir, je suis revenue à Paris pendant un an avant de venir à Tétouan pour y terminer mon parcours professionnel.

- Après quatre années passées à Tétouan, quel regard portez-vous sur cette ville ?
C’est une ville que j’ai beaucoup aimée pour son environnement, pour son réseau culturel et pour le dépaysement qu’elle a représenté pour moi par rapport au Moyen-Orient ou à la Tunisie que je connaissais. Cette région a une forte identité locale avec son histoire propre et spécifique de lieu de passage frontalier de l’Espagne. C’est une ville profondément marquée par les différentes périodes de l’Histoire, de l’arrivée des musulmans et des juifs de Grenade au XVe siècle jusqu’à l’expansion qu’elle a connue au cours des quinze dernières années, en passant par l’époque espagnole du XXe siècle.

Comme Tanger, c’est aujourd’hui une ville en pleine mutation mais d’une manière différente car elle reste encore marquée par son passé de capitale d’une ambition espagnole ; un passé qui a légué d’importantes infrastructures culturelles comme l’École des Beaux-Arts, qui est devenue l’École Nationale des Beaux-Arts, la seule au Maroc, où sont passés les pionniers de l’art contemporain marocain et où se sont succédées différentes générations d’artistes. Du coup, en raison également de son climat, de ses lumières et de son environnement géographique, Tétouan est aussi une ville d’artistes, comme peuvent l’être Pont-Aven, Fontainebleau ou encore Étretat. C’est enfin une ville intellectuelle puisque c’est aussi un lieu universitaire, la présidence de l’Université du Nord étant par exemple basée à Tétouan.

- Quels ont été les temps forts qui ont marqué votre direction de l’Institut français de Tétouan ?
J’ai pris la direction de l’Institut français de Tétouan alors que la réforme des Instituts français se mettait en place. Le site de Tétouan, qui dépendait jusque-là de l’Institut français de Tanger, s’est alors autonomisé et son équipe a été consolidée et renforcée. C’est donc une évolution importante et d’importants projets ont été menés ici dans le cadre des évolutions de l’Institut français du Maroc.

À Tétouan, l’Institut français est la Maison de France puisque c’est la seule emprise française dans la ville. C’est un enjeu pour la francophonie car il existe ici une tendance plus naturelle à l’espagnol en raison de l’Histoire. Il faut donc présenter la langue française dans son cadre culturel, littéraire, de débats d’idées. Il a également une dimension éducative axée vers l’accompagnement pour les jeunes qui suivent des études universitaires : l’intérêt des Instituts français en général est à ce sujet d’apporter un complément d’environnement francophone, qui passe par les cours mais aussi par la programmation culturelle.

Parmi les principaux projets que j’ai menés avec l’équipe de l’Institut français de Tétouan, je pense notamment aux nombreux programmes de coopération qui ont été menés pour le développement de l’enseignement du français et qui s’inscrivent dans le cadre plus général de l’action de l’Institut français du Maroc.

L’Institut français de Tétouan a également fortement développé sa présence hors-les murs, notamment auprès des étudiants. Le développement de l’antenne de Larache s’est poursuivi et nous en avons aussi lancé une à Al Hoceima il y a un an, avec l’engagement très fort de la Consule générale de France à Tanger.

En termes de programmation culturelle, la spécificité de Tétouan réside dans l’art contemporain et dans le patrimoine en raison du partenariat privilégié avec l’École des Beaux-Arts ainsi que de l’atelier de gravure qui, depuis maintenant près de vingt-cinq ans, accueille des artistes en résidence et est aujourd’hui ouvert aux arts visuels. De nombreuses activités culturelles se sont donc inscrites dans ce cadre, ainsi que dans celui de la résidence d’artistes que nous avons ouverte il y a trois ans dans la médina de Tétouan, la Dar Ben Jelloun.

Focus sur l’Institut français de Tétouan

  JPEG Installé dans ses locaux depuis les années 1970, l’Institut français de Tétouan couvre un territoire s’étirant de Larache à Al Hoceima, où sont implantées deux antennes. Doté d’une salle de projection numérisée et d’une importante médiathèque, il accueille également plusieurs salles de cours où sont dispensés les enseignements de français pour tous les niveaux ainsi qu’une salle de gravure.

La programmation culturelle de l’automne 2016 s’annonce riche, avec de nombreux rendez-vous et débats d’idées. Elle sera marquée par plusieurs temps forts suivant la reprise des cours de français le 10 octobre. Le 15 octobre, la journée de l’étudiant permettra ainsi, en collaboration avec Campus France, de présenter les opportunités d’étude, avec notamment des échanges avec d’anciens étudiants marocains en France.

Le 2 novembre, la Compagnie de hip-hop Pockemon Crew présentera également sa pièce « Silence, on tourne ! », concluant une tournée de plusieurs sites de l’Institut français du Maroc. Le 3 novembre, le groupe marocain Hoba Hoba Spirit se produira pour sa part en concert.

Enfin, des projections de documentaires, des conférences et des tables-rondes ainsi que des ateliers et spectacles à destination du jeune public seront organisés en décembre sur le thème du climat, dans le sillage de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech du 7 au 18 novembre.

Retrouvez toute les informations relatives à l’offre de cours de français et à la programmation culturelle de l’automne sur le site internet de l’Institut français de Tétouan : www.if-maroc.org/tetouan

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La cour de l’Institut français de Tétouan
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La médiathèque
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La salle de projection et de spectacle
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L’atelier de gravure

Dernière modification : 31/08/2016

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