Carine Deschang Benjelloun

Le Consulat général de France à Tanger vous propose de découvrir le portrait de Mme Carine Deschang Benjelloun, médecin à Tétouan.

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- Quels sont les éléments qui vous ont conduit à vous installer dans la région Nord du Maroc ?

Je me suis installée au Maroc en 1998 pour raison familiale. J’ai rejoint mon époux qui, au détour de ses études de médecine en France, avait décidé de retourner dans son pays natal. C’est ainsi que nous nous sommes installés à Tétouan en octobre 1998. Au départ, nous devions y rester trois ou quatre ans mais, tombés amoureux de cette région, nous y sommes restés et y vivons maintenant depuis 18 ans.

- Quelle est votre occupation professionnelle ? Votre engagement, votre activité principale actuellement ?

Je suis médecin généraliste. J’ai débuté mon activité professionnelle en cabinet privé en 2004.

- Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

Venir vivre au Maroc a représenté pour moi un changement radical. Lorsque j’ai débarqué à Tétouan, je ne connaissais pas grand-chose du Maroc. Le choc culturel a donc été conséquent : autre culture, autre langue, etc. Je me suis rapidement mise à l’apprentissage du darija dont les cours étaient dispensés à l’Institut français de Tétouan, car la barrière de la langue était mon principal handicap, d’autant plus que les Tétouanais parlent principalement l’espagnol. Puis petit à petit je me suis intégrée dans mon pays d’accueil. La gentillesse et l’accueil chaleureux des Marocains m’ont beaucoup aidé.
Par la suite, la naissance de mes enfants m’a projetée encore d’avantage dans la vie sociale (école, activités parascolaires, etc.). Mon travail m’a permis de m’intégrer « complètement », même si au départ j’ai dû, là aussi, réadapter ma façon de travailler. L’approche du patient marocain est sensiblement différente de celle du patient français bien qu’au final l’attitude thérapeutique soit la même. Mais au Maroc, la couverture sociale n’étant pas encore généralisée (même si beaucoup d’efforts ont été réalisés dans ce sens ces dernières années), le facteur coût intervient malheureusement encore trop souvent dans nos décisions.
Aujourd’hui, 18 ans après mon arrivée, je pense que mon aventure marocaine m’a profondément changée. Être confrontée, surtout dans mon travail, à la couche sociale la plus démunie a changé ma façon de voir la vie et m’a fait comprendre quelles en sont les vraies valeurs. À Tétouan, il suffît d’aller dans les villages reculés de la montagne pour y côtoyer des personnes qui vivent dans des conditions rudimentaires mais qui vous ouvrent grand leur porte et partage avec vous le peu qu’ils ont.

- Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

Concernant mon installation, je n’ai pas connu de difficultés à proprement parler.
Les démarches pour l’obtention de mon autorisation d’exercer ont été un peu longues mais au Maroc il faut apprendre à s’armer de patience.
Concernant la scolarisation de mes enfants, il n’y a pas à Tétouan de mission française, contrairement à Tanger. Mais au final cela n’a nullement été un handicap. Je dirais même que fréquenter une école marocaine dans laquelle l’enseignement est dispensé en français et en arabe leur a permis d’être parfaitement bilingues.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

La région Nord du Maroc est dotée de paysages magnifiques et les amoureux de la nature, de la montagne, de la mer, du sport y seront comblés. La proximité de l’Espagne est également un avantage.
Mais comme pour toute expatriation, il faut être curieux et s’intéresser aux coutumes, à la langue, aux Marocains. Il faut se mettre en « mode Maroc » tout en restant soi-même.

Dernière modification : 14/09/2016

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