Christophe Godinot

Ce mois-ci, après un détour par le magasine Urbain, le Consulat général de France à Tanger vous propose de découvrir le portrait de M. Christophe Godinot, rédacteur en chef de la partie francophone à Médi1 Radio.

- Quels sont les éléments qui vous ont conduit à vous installer dans la région Nord du Maroc ?

L’envie de quitter Paris où nous vivions depuis quatre ans avec mon épouse et nos deux premiers fils (le troisième est né ici, à Tanger). Nous sommes en 2004, je travaille depuis quelques années à Radio France Internationale, à Paris. Mon contrat arrivant à son terme, nous nous sommes dit que c’était le moment de « bouger ». Les enfants étaient petits, 4 ans et 2 ans, nous avions des envies de découvertes, de nouveaux horizons. Nous avions eu une première expérience loin de l’hexagone, en Nouvelle-Calédonie. Vraiment très loin. Trop même.
En 2003, nous avions passé quelques jours à Marrakech. Nous avons beaucoup aimé. Et l’idée a fait son chemin : nous allions vivre au Maroc. Et c’est après avoir décidé de la destination, que je me suis mis en quête d’un job. A RFI, j’ai entendu parler de Médi1 Radio. J’ai postulé, ça a marché. Et nous débarquons en janvier 2005 à Tanger. Nous sommes arrivés en bateau, sans trop savoir combien de temps nous allions rester. 11 ans après, nous sommes toujours là. Plus que jamais tangérois.

- Quelle est votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?

Je travaille depuis plus de 11 ans à Médi1 Radio, radio franco-marocaine créé en 1980 et installée à Tanger, dans une jolie villa rue M’Sallah.
Je suis aujourd’hui le rédacteur en chef de la partie francophone. J’anime, avec mes collaborateurs, une équipe d’une petite vingtaine de journalistes sur la quarantaine que compte Médi1, arabophones et francophones, ici au siège à Tanger. Sans compter notre important réseau de correspondants, un peu partout dans le monde. Notre mission, à la rédaction, est donc d’informer, à travers des journaux, des flashs, des magazines, des rubriques, des interviews, des émissions… L’antenne est bilingue, en arabe et en français. Nos informations traitent de l’actualité dans notre région du Maghreb, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et dans le monde. Nous accordons aussi une place non négligeable à l’actualité française, sans tomber dans les travers de certains médias hexagonaux qui ont tendance ces dernières années à s’intéresser au sensationnel, au « buzz », aux petites phrases... A Médi1, nous allons à l’essentiel en gardant toujours à l’esprit que nous sommes avant tout un média maghrébin, marocain. Médi1 propose un certain regard sur l’actualité, mêlé de factuel et d’analyse, s’ouvrant de plus en plus au reportage. En 36 ans, cette radio a su s’imposer dans le paysage médiatique maghrébin. Elle est même devenue une référence, un gage de sérieux. Elle est aussi une illustration de l’excellence de la relation franco-marocaine. Ce qui la caractérise aussi, c’est la jeunesse de ses équipes. Environ la moitié des journalistes francophones a moins de trente ans. Ce sont souvent de jeunes journalistes qui ont ainsi l’occasion d’une première expérience à l’étranger avant de repartir en France, ou ailleurs. D’autres restent et s’installent. C’est mon cas.

- Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

Mon métier n’a pas changé, je l’exerce avec le même plaisir et la même passion que lorsque j’étais à RFI, à Paris. Si ce n’est qu’ici, on est moins nombreux et ça rend les rapports humains plus agréables. Mon métier n’a pas changé donc, mais ma vie… oui. Tanger est aujourd’hui l’endroit où j’ai vécu le plus longtemps dans ma vie. Je me sens tangérois. Je me sens français du Maroc. Mon dernier fils est né ici. Nous avons choisi de vivre au cœur de la médina, dans le quartier de Dar Baroud. On y est bien. Ma femme a eu l’opportunité de monter une société - « Au fil de Tanger » pour ne pas la nommer ! - Elle a un atelier dans la Kasbah, conçoit des vêtements, du linge de maison et des bijoux. Et ce qu’elle a réussi à faire ici, inspirée par les artisans de la médina, elle ne l’aurait peut-être… sans doute… pas fait ailleurs. Quant à mes enfants, ce sont de vrais petits tangérois. Ils vont à l’école à pieds, traversent la médina, font du surf toute l’année, du skate à Malabata… Bref, nous menons une vie normale dans un cadre assez exceptionnel.

- Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

En fin de compte, tout a été assez facile. Il faut parfois prendre son mal en patience quand on découvre les méandres de l’administration. Il suffit juste de le savoir, tenter de garder le sourire et prendre cela avec philosophie. Globalement, nous n’avons rencontré aucune difficulté dans nos démarches, y compris lorsque nous avons acheté notre maison, fait des travaux et pour cela obtenu la fameuse autorisation. Nous avons respecté la marche à suivre scrupuleusement, réuni toutes les pièces nécessaires, sommes passés moult fois par la case « légalisation » et au final on a eu le précieux sésame ! Quant à notre relation avec la France (acte de naissance, passeports, élections, etc…) : les services consulaires sont très efficaces.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

Le principal conseil : n’avoir aucune appréhension et aucune idée arrêtée. Se laisser séduire, charmer, envoûter. Et prendre le temps de découvrir. Tanger est une ville magique, assez fascinante. Multiple. Il y a la Médina, la Montagne, Marshan, la Corniche, et tous les quartiers nouveaux vers Malabata. Une ville en mouvement, en mutation. En 11 ans, vous ne pouvez pas imaginer à quel point elle a changé. Et ce n’est pas fini. Il y a ici une énergie folle. En débarquant ici, il faut être curieux, aller vers les autres, demander, questionner, échanger. Alors tout n’est pas rose, évidemment. Il y a les enfants des rues, les sniffeurs de colle, les subsahariens, les femmes célibataires. Vivre à Tanger, c’est aussi prendre conscience d’une certaine réalité sociale qui nous entoure et qui ne laisse pas indifférent. Beaucoup d’associations se mobilisent. Et rien n’empêche de s’y intéresser, voire de s’y impliquer.

Dernière modification : 30/06/2016

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