Entretien avec M. Lotfi Chraïbi

À l’occasion de la COP 22, le Consulat général de France à Tanger revient avec M. Lotfi Chraïbi, professeur à l’ENSA Tanger et président de l’Association marocaine pour un environnement durable (AMED), sur les liens entre la Med Cop Climat et la conférence de Marrakech.

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- Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre rôle à la Med Cop Climat qui s’est tenue les 18 et 19 juillet à Tanger ?
J’étais membre du comité scientifique de la Med Cop Climat, le groupe de réflexion qui a travaillé à l’élaboration du programme scientifique avant de le soumettre au comité de pilotage. J’étais également responsable du groupe de travail sur la médina des solutions qui a mis en avant les solutions climat que l’on peut développer.

- Quel bilan tirez-vous de cet événement ?
L’un des éléments les plus importants est que la Med Cop Climat soit devenue un événement institutionnalisé. Après la première édition qui s’est tenue à Marseille à la veille de la COP 21, cette seconde édition a en effet permis d’en faire un événement régulier destiné à accompagner les COP. On connaît d’ailleurs d’ores et déjà les lieux des deux prochaines éditions, qui auront lieu respectivement en Sicile et à Sousse, en Tunisie.
Un autre aspect particulièrement important concerne les travaux autour de la Maison du climat et de la création d’un secrétariat général permanent autour de la Méditerranée. C’est un organe qui peut parler au nom de cet espace et faire entendre sa voix pour les COP à venir. C’est donc véritablement un gain important pour les peuples de la Méditerranée.

- Quelle a été la contribution de la Med Cop Climat à la préparation de la COP 22 ?
Comme pour la Med Cop de Marseille avec le sommet de Paris, le premier volet de la contribution de la Med Cop Climat a été de faire entendre la voix de la Méditerranée. C’est un espace qui ne représente qu’1,5% du globe terrestre mais qui est très vulnérable aux changements climatiques alors qu’il connaît une activité humaine très intense, riche en échanges. Elle est face à des enjeux climatiques, culturels et sociaux majeurs. Il fallait donc faire entendre la voix de la Méditerranée et tirer la sonnette d’alarme sur les changements qui peuvent survenir dans cette région.
Le deuxième enjeu, c’était la préparation de la conférence de Marrakech et le renforcement de la coopération. À ce sujet, le fait que la Med Cop Climat ait eu lieu à Tanger était très symbolique car c’est ici qu’a eu lieu l’appel de Tanger, un appel historique signé par deux chefs d’État, SM le Roi Mohammed VI et le Président de la République, M. François Hollande. La Med Cop a permis de conjuguer ces efforts pour assurer le relais entre la COP 21 et la COP 22, surtout à l’échelle méditerranéenne.

- Quel est pour vous l’enjeu principal de la conférence de Marrakech ?
L’enjeu principal, ce sont les solutions à mettre en œuvre et les mécanismes de financement à débloquer. Le Maroc étant orienté vers l’Afrique, la question de la part du continent dans ces financements est particulièrement importante. Se pose aussi la question de l’adaptation, qui est forcément différenciée car les peuples ne subissent pas les changements climatiques de la même manière dans les pays du Nord et dans les pays du Sud. C’est un enjeu et un défi majeurs.
N’oublions pas non plus que, lorsque l’on parle de solutions, on parle aussi de convergences. Les Nations unies ont lancé la vision 2030 des 17 Objectifs du Développement Durable (ODD) ; cela nous rappelle que c’est aujourd’hui le temps de l’action et qu’on ne peut réussir les solutions climat qu’en se recentrant sur des solutions adaptées aux attentes des populations, des solutions qui peuvent améliorer leur cadre de vie et répondre aux ODD à l’horizon 2030.

Dernière modification : 10/11/2016

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