Franck Courtault

M. Franck Courtault est arrivé à Tanger en famille l’été dernier. Ingénieur en maintenance industrielle, il est aujourd’hui directeur de la production industrielle à l’atelier de maintenance des Rames à Grande Vitesse Maroc sur le site de Moghogha.
Découvrez son Portrait au lendemain des premiers essais de la Ligne à Grande Vitesse Tanger-Casablanca.

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- Quels sont les éléments qui vous ont donné envie de venir vous installer dans la région Nord du Maroc ?

C’est avant tout une opportunité professionnelle qui m’a conduit avec ma famille au Nord du Maroc, à Tanger. Le projet de vivre un jour une expérience à l’étranger faisait partie d’une idée que nous entretenions depuis plusieurs années avec mon épouse. Il restait néanmoins à saisir une opportunité.

Sans l’avoir directement provoqué, je me suis vu proposer en 2014 de participer à la concrétisation d’un superbe projet au Maroc, celui de contribuer à la mise en service d’une ligne à grande vitesse ferroviaire entre Tanger et Casablanca.

La décision de nous installer à Tanger a naturellement été partagée en famille, avec mon épouse, nos trois enfants. Comme beaucoup de Français, nous avions déjà découvert le Maroc, en touriste, puis à plusieurs reprises en amoureux du pays et des Marocains. Mais, s’installer durablement et vivre dans un autre pays est un tout autre exercice. La décision a été prise en famille.

Nous avons franchi le pas à l’été 2015. Tanger est une ville dynamique, j’y apprécie sa dimension interculturelle et les influences hispaniques de cette ville marocaine.

Nos enfants y sont scolarisés et nous trouvons nos marques. Il s’agit pour eux et pour nous d’une belle expérience interculturelle qui nous enrichit. Pour l’instant, nous ne regrettons absolument pas ce choix.

- Quelle est votre occupation professionnelle ? Votre engagement, votre activité principale actuellement ?

Je vous parlais de l’opportunité de participer à un grand projet. Il s’agit de contribuer au lancement de la première ligne à grande vitesse du continent africain qui reliera Tanger à Casablanca.

Forte de son expertise dans le domaine de la maintenance de la grande vitesse, SNCF s’est logiquement engagée dans le cadre d’un partenariat avec l’Office National des Chemins de Fer Marocains. Cela s’est concrétisé par la création d’une société commune chargée de la maintenance des rames à grande vitesse.

L’Atelier de Maintenance de Tanger situé sur le site de MOGHOGHA à TANGER a commencé le remontage de 5 des 12 Rames à Grande Vitesse Maroc (RGVM) qui arrivent au port de TANGER Med depuis juillet 2015. Les premières opérations de maintenance y seront réalisées dès les premières circulations des RGVM lors des phases d’essai prévues début 2016.

J’ai une formation d’ingénieur en maintenance industrielle et près de vingt-cinq ans d’expérience dans le domaine de la maintenance ferroviaire en particulier dans celui de la grande vitesse en France.

J’occupe à l’atelier de Tanger le poste de directeur de la production Industrielle. Mon rôle est d’accompagner mes collègues et partenaires marocains dans cette aventure de la grande vitesse. J’apporte mon expérience de la maintenance et ma connaissance des standards industriels. C’est un projet incroyable, très formateur pour moi également.

- Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

Nous découvrons un pays très divers, de mer, de montagne, de campagne, de désert. C’est un pays avec une grande diversité. Nous découvrons une autre culture, avec sa langue, le Darija, des dialectes aussi, ses coutumes, une religion au cœur de la vie quotidienne.

Forcément, cela bouscule certaines certitudes, a priori et façon de vivre. Cela m’a conforté dans la nécessité de s’ouvrir à l’autre. Je me fais un devoir d’apprendre l’écriture et la langue, de découvrir l’Islam. Mon épouse prend des cours de Darija également.

J’ai appris sans doute à être plus patient et exigeant à la fois pour permettre d’atteindre les objectifs à date. Je veille dans ma pratique quotidienne à concilier ces deux approches.

Je crois plus que jamais à la richesse de la diversité, au partage et au travail en équipe.

C’est surtout pour mon épouse que cette installation a changé les choses. Infirmière passionnée par son travail, elle a quitté son travail. C’est un point d’attention. Toute la famille s’est beaucoup appuyée sur sa disponibilité dans les premiers mois mais il faudra pour son épanouissement qu’elle exerce une activité. La réflexion est en cours.

Les enfants se sont bien adaptés. Le retour en France, ponctuellement fait aussi du bien pour recharger les batteries. Notre fils a monté avec quelques passionnés de l’ovalie une « structure Rugby », l’entraînement a lieu tous les vendredis sur le stade synthétique face à la plage de Bella Vista à Tanger. Avis aux amateurs du ballon ovale.

- Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

J’ai connu quelques difficultés d’ordre logistique. Un conseil, ne minimisez pas cet aspect dans le cas d’une expatriation. Il vous faut une connexion ADSL stable…A l’heure des réseaux sociaux, du lien permanent avec ses proches partout dans le monde, c’est indispensable, surtout lorsque l’on a des enfants adolescents !

Concernant les démarches, je n’ai pas regretté d’avoir pris le temps en famille de choisir notre lieu de vie en associant les enfants dans le choix de notre maison quelques mois avant notre installation.

Mon entreprise m’a également proposé 6 mois avant notre arrivée à Tanger une formation interculturelle pour mon épouse et moi-même. Cette formation réalisée par une sociologue et un ingénieur marocains a été une vraie valeur ajoutée à titre personnel et professionnel. La dimension interculturelle est très importante dans ce projet.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

Ouvrez-vous ! Faites le pas vers l’autre, la plupart des Marocains vous le rendront au centuple. Goutez la culture marocaine, sa cuisine. Nous avons commencé à découvrir le pays, le Rif, la côte méditerranéenne.

Je trouve l’initiative de la formation interculturelle proposée par mon entreprise excellente et ne peux que conseiller à ceux qui pourraient en bénéficier de saisir cette opportunité. Mes codes ne sont pas les codes marocains, quelles passerelles dois-je mettre en place pour comprendre, décrypter les situations et agir au plus juste ?

Concernant la sécurité, comme partout dans le monde, je pense qu’il faut rester attentif et ne pas tenter inutilement. Pas de paranoïa, mais de la vigilance.

Dernière modification : 25/01/2016

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