Hugo Kaeuffer

Hugo, 27 ans, est arrivé à Tanger en septembre 2015. Ingénieur énergie-environnement de formation, il occupe un poste de volontaire international pour Veolia sur le site de Renault à Melloussa.
Retrouvez son Portrait.

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- Quels sont les éléments qui vous ont donné envie de venir vous installer dans la région Nord du Maroc ?

Les raisons sont multiples et pas forcément toutes volontaires et prédéfinies. En 2014, je suis revenu d’une année sabbatique à voyager dans différentes régions du monde entre l’Alaska et les Antilles. Le retour en France m’a donné des envies d’ailleurs, de repartir à l’aventure mais de manière plus active cette fois ci et si possible avec une belle idée en tête.

Une belle opportunité professionnelle m’a entrainé vers le Nord du Maroc. Bien que n’ayant jamais mis les pieds au Maroc, sa culture ne m’était pas vraiment inconnue et j’ai été attiré par les découvertes que ne tarderaient pas de m’apporter Tanger et sa région. Ajoutez à cela des connaissances ayant habité et/ou travaillé dans la région et vous comprendrez que je n’ai pas hésité trop longtemps avant de prendre mon billet pour Tanger.

- Quelle est votre occupation professionnelle ? Votre engagement, votre activité principale actuellement ?

C’est une opportunité professionnelle particulièrement motivante qui m’a conduit à Tanger. Un projet de développement durable très ambitieux au sein d’un environnement industriel exigeant, voilà le défi auquel je participe avec VEOLIA sur le site de Renault, à Melloussa. Ce projet comporte deux axes.

Le premier est une centrale thermique de 18 MW qui utilise comme combustible des noyaux d’olives issus de l’industrie oléicole marocaine. Ces centrales permettent d’alimenter tous les « process » et en particulier le séchage des châssis après peinture. L’objectif de l’usine est de ne plus émettre aucune émission de CO2 directe. Aujourd’hui 97% de l’énergie thermique utilisée sur site sont issus d’énergie renouvelable et à terme c’est plus de 50 000 tonnes de CO2 qui seront évitées par l’installation de cette chaufferie biomasse.

Le deuxième axe de travail concerne le traitement de l’eau. L’objectif est de ne rejeter aucun effluent industriel. Pour cela, un système poussé de traitement d’eau permet de réutiliser toutes les eaux résiduelles grâce à des procédés d’ultra-filtration puis d’osmose inverse.

Mes missions au sein de ce projet ont été d’adapter les systèmes de production en place afin d’optimiser leurs performances et garantir le respect des objectifs attendus. En particulier de trouver une solution de valorisation des cendres issues de la combustion des noyaux d’olives qui sont aujourd’hui valorisées au sein d’engrais biologiques.

- Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

La découverte d’une culture, d’une langue et aussi d’une religion à laquelle je ne m’étais jamais réellement intéressé. Si j’avais déjà beaucoup voyagé par le passé, je n’avais jamais travaillé dans un milieu dont la culture est aussi différente de la mienne. Cela implique évidemment des difficultés, des efforts mais aussi une remise en question de nos modes de fonctionnement et une adaptabilité toujours accrue. Mais l’expérience est extrêmement enrichissante et je pense en sortir grandi.

- Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

Les démarches ont été extrêmement simplifiées par le cadre administratif de mon contrat (Volontariat International en Entreprise). Par ailleurs, mon entreprise m’a apporté l’aide nécessaire à une installation facilitée. Il me semble que les démarches ne sont pas très compliquées, par contre il faut être patient.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

Etre curieux, flexible et adaptable. Apprendre le darija, même si la durée de séjour n’est pas très longue. Etre conscient qu’il faudra être capable d’apprendre la patience puisque rien ne se fait vite et qu’il faut du temps pour tout.

De manière générale, j’aurais tendance à encourager les personnes souhaitant s’installer dans le nord du Maroc à se renseigner sur la région en discutant avec des gens ayant eu l’expérience auparavant. Cela permet d’anticiper que Tanger n’est pas Casablanca ou Marrakech. Cela permettra aussi de s’éloigner des clichés comme "Tanger, la ville de tout les dangers" qui me parait particulièrement inappropriée puisque je ne m’y suis jamais senti en insécurité.

Dernière modification : 14/12/2015

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