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Maroc de l’Intérieur : monographies et relations avec la France

Le Maroc de l’Intérieur, en tant que district consulaire, s’étend sur quatre régions, seize provinces et une trentaine de villes. Son émergence économique, confirmée par l’essor du tourisme, la recherche de partenariats en France, les investissements de la diaspora marocaine travaillant en Europe, l’engouement pour les études supérieures en France, rend utile une présentation actualisée de ces entités territoriales.

Carte du District de Fès

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Carte du District consulaire

Présentation des régions et villes du district consulaire de Fès. Coopérations décentralisées.

1. La Région de Fès-Boulemane, nouvelle Andalousie du Maroc

- Données naturelles

Située au centre-nord du Royaume, la région de Fès-Boulemane s’étend sur une superficie de 20.318 km², répartie entre les provinces de Sefrou, de Boulemane, de Moulay Yacoub et la préfecture de Fès Jdid. Elle englobe une partie du Moyen Atlas et la plaine agricole du Saïss, son grenier alimentaire, en son centre. Le relief se compose de collines de 400m/500m d’altitude, sur les contreforts du Rif, et de la chaîne du Moyen Atlas culminant à 2.796 m (mont Tichoukt) ; le Sud est occupé par le haut plateau aride de Missour (700m à 1200m).

- Données démographiques et sociales

Population : parmi les 1.600.000 habitants recensés en 2004 - soit 5,3 % de la population du Royaume - 85% vivent à Fès ou à proximité. La médina de Fès, en particulier, présente une densité humaine record de 1.200 personnes/ha. Selon le Haut Commissariat au Plan, (étude de 2004), un quart des communes rurales de la région Fès-Boulemane souffrent de la pauvreté. La ville de Fès aussi, avec un taux de pauvreté qui s’élève à 10,7% selon le critère de revenu inférieur à 0,60 €/jour. Ceci explique que la région soit la 3ème au Maroc pour le nombre de projets estampillés ’’Initiative Nationale pour le Développement Humain - INDH’’.

- Données économiques

- L’agriculture joue un rôle central dans l’économie de Fès-Boulemane. Bien que Fès soit aussi spécialisée dans les cultures maraîchères et Boulemane dans l’élevage, la production céréalière et de fourrage domine (70%), participant à 8,3% du total national. L’expansion actuelle de l’olivier joue également un rôle d’entrainement sur les industries de transformation alimentaire. L’élevage est principalement orienté vers la production laitière. La prédominance des petites exploitations et des parcelles réduites de terrain irrigué, soit 13% du S.A.U, ralentit la modernisation agraire.

- L’artisanat fait figure de locomotive de l’économie régionale. C’est un important générateur d’emploi, le secteur comptant 50.000 artisans répartis en 205 métiers. Les principaux secteurs d’activité artisanale sont la céramique et la poterie, la tapisserie, la boissellerie, la vannerie, l’orfèvrerie, l’argenterie, le cuivre et la dinanderie, la soierie et la broderie, la maroquinerie, l’habillement en cuir, la sculpture et la peinture de bois, la ferronnerie.

- La Millenium Challenge Corporation (MCC) américaine prévoit de financer, à hauteur de 112,87 millions de dollars, un vaste projet pour permettre aux artisans d’améliorer la qualité et la commercialisation de leurs produits.

- Les ressources minières : la région possède des gisements de ghassoul. Ce minerai est utilisé dans la chimie, la parachimie, l’industrie alimentaire, l’hygiène et la beauté. La production annuelle est de 2.830 tonnes (75 % pour l’export). Sa valeur marchande est de 1.9 Milliard de dh. La région dispose également d’autres ressources minières comme les gisements de sel, de lignite et de marbre.

- L’industrie, concentrée à Fès, emploie environ 28.000 personnes, soit 7% du total national. Elle réalise 4,8% de la production nationale. Le secteur textile et cuir absorbe les deux tiers des salariés, mais ne contribue qu’au tiers de la production industrielle régionale. Le secteur de l’agro-alimentaire réalise la plus grande part de production et enregistre la plus forte croissance annuelle. Les autres connaissent un développement lent (industrie chimique, para chimique et électromécanique).

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Fès, dans une région valonnée : oliviers et cyprès

- Le tourisme est appelé à prendre une place plus conséquente dans l’économie de la région que celle occupée jusqu’à présent. En effet, les autorités locales comptent faire de Fès et de ses environs une destination touristique culturelle à part entière. Des investissements majeurs sont en cours dans la restauration de la médina de Fès (à hauteur de 1,2 milliard de dh) et aussi dans la création de nouvelles zones touristiques (comme l’oued Fès).
- D’ici 2010, il s’agira de tripler le nombre de lits pour atteindre 15 000, conformément au plan de développement (PRDT). La région dispose aussi d’un potentiel touristique naturel important dans le Moyen Atlas - circuit de lacs, ski alpin, montagne, forêts de cèdres, qui n’est pas pleinement mis en valeur ;

- Relations avec la France

- Partenariats de coopération décentralisée Avec la région Lorraine, depuis 2002,la coopération porte sur le transfert d’expertise et l’assistance dans le domaine de la gestion des déchets, la création d’un DESS en Entrepreneuriat et Développement des PME à Fès, la mise en place d’un club des entrepreneurs de Lorraine et de Fès, la coopération pédagogique, scientifique et administrative entre l’Université de Metz et celle de Fès.

D’autres partenariats existent entre la ville de Fès et des villes françaises (cf. monographie sur la ville de Fès).

- Présence française :

- Contacts utiles


1-1. Fès, Capitale historique et spirituelle du Maroc

1-1.a Histoire et patrimoine

’’Fès, à la beauté lumineuse’’, jadis vantée par Léon l’Africain, a été fondée, il y a mille deux cents ans. En 2008, elle célèbrera l’anniversaire de 12 siècles d’histoire. Première capitale du Royaume, fondée en 808, sous Idriss II (fils d’Idriss Ier, premier sultan du Maroc), puis deux fois encore, au XIIIème siècle sous les Mérinides et au XIXème siècle sous la férule de Moulay Abdallah, l’ancienne capitale fut très longtemps le centre politique, spirituel et culturel du Maroc. La ’’Cité aux mille et un palais’’, coincée entre Rif et Moyen Atlas, a été frappée par le déclin dans les années 80. Elle compte bien revenir sur le devant de la scène en valorisant l’atout exceptionnel qu’est sa médina.

1° Historiquement, Fès s’est développée en trois périodes : la partie la plus ancienne ’’Fès El Bali’’ sous Idriss II au début du IX siècle, ’’Fès El Jadida’’, au XIII siècle, et la ville européenne, sous le Protectorat Français (1912) jusqu’à notre jour. Jadis, les échanges avec Cordoue, Kairouan et le reste du monde musulman ont fait de Fès une puissante métropole commerciale, au carrefour du négoce de la rive Sud de la Méditerranée. De cette ville, des caravanes partaient vers Ceuta, Salé, Tlemcen et Sijilmassa considérées autrefois parmi les réseaux les plus importants de communication.

- Par ailleurs, l’Université Qarawayouine- première université créée dans l’Occident musulman - a permis à Fès de rayonner comme un haut lieu du savoir et d’échanges intellectuels entre l’Orient et l’Occident. Déclarée, en 1976, patrimoine Universel, par l’UNESCO, la cité médiévale de 257 ha, entièrement piétonnière, fait désormais l’objet de l’attention et des efforts particuliers de nombreux urbanistes, des pouvoirs publics et associations soucieux de préserver son patrimoine historique et son caractère authentique unique.

1-1.b Sur le plan culturel, le Festival des musiques sacrées du monde attire chaque année plusieurs milliers de fidèles. Aujourd’hui, Fès, ’’Grenade d’Andalousie en miroir’’, mise sur son savoir-faire artisanal et son rôle de centre intellectuel. Ses festivals lui valent un regain de renommée : après les musiques anciennes, les arts culinaires, un forum où se rencontrent musulmans, juifs et chrétiens, la ville s’est dotée d’un festival de jazz. Parmi les élites parties pour Casablanca ou Marrakech dans les décennies précédentes, certains Fassi reviennent, depuis peu,investir leurs deniers et réhabiliter la médina.

1-1.c Sous l’angle social, la Fès actuelle doit se battre contre la pauvreté qui hante ses venelles enchevêtrées. Peuplée de plus d’un million d’âmes, la ville aux 13.000 maisons et aux 150 mosquées relève le gant, avec pour mission de barrer la route à l’extrêmisme, qui investit les quartiers défavorisés. - 10 % des maisons et des palais de la médina tombent en ruine, plus de 40 % sont menacés de fissures et de lézardes : les experts de l’Agence pour la dédensification et la réhabilitation de la médina (Ader) offrent à ceux qui acceptent de rénover leurs demeures une subvention de 30 % du montant des travaux. 2 200 bâtisses ont ainsi été restaurées, même si le coeur délabré de l’entonnoir que constitue la médina, qui est occupé par les squatters (ayant fui les calamités agricoles), reste inaccessible à tout effort de rénovation. D’anciens foundouks (caravansérails)deviennent des musées ; des palais se muent en maisons d’hôtes. Du coup, 112 millions de dollars de dons viennent d’être alloués par la Millenium Challenge Corp. américaine à cette renaissance.

1-1.d Une renaissance en cours. Pour en finir avec plusieurs décennies de déclin économique et social, l’administration locale se mobilise contre le chômage (neuf personnes se partagent, en moyenne, un revenu), ciblant 20 quartiers de Fès comme bénéficiaires de l’INDH et cherchant à faire de l’antique cité le fer de lance d’un nouveau développement. Pour cela, trois atouts sont mis en exergue : un pôle technologique (Fes Techno valley), les activités de l’ ’’offshoring’’ et le tourisme culturel. - Un technoparc de 14 hectares est en chantier aux portes de la ville, parrainé par des experts français de Sophia Antipolis. Pour le tourisme, l’on projète de doubler d’ici à 2015 la capacité d’accueil - 7 000 lits actuellement - : chaque nouveau lit génère quatre emplois. L’artisanat emploie 50 000 personnes et il sera relancé et modernisé, notamment avec une Cité des arts, quitte à bousculer les vieilles habitudes.

-  La mode des riads - ou maisons arabo-andalouses à patio - attire les Européens, dont plusieurs centaines de Français. Une "tendance Fès " se fait jour, notamment pour les amoureux du Maroc qui fuient Marrakech et ses prix prohibitifs. Dans les faits, le prix du mètre carré augmente de 30-40% au moins par an. Mais, pour transformer la médina en ’’Florence de l’Orient’’, il faudra faire vite. Situation sociale dégradée et afflux des visiteurs et investisseurs étrangers en font un endroit propice à l’effervescence : officiellement, elle abriterait 150.000 âmes ; en fait, sa population disparate dépasse sans doute le demi million, pour les deux-tiers analphabètes et vivant dans un complet dénuement.

1-1.e Relations avec la France

- En matière de coopération décentralisée, Fès est jumelée avec Montpellier (coopération hospitalière, médiathèque, appui au Plan de développement urbain), à Saint Etienne (modernisation de l’artisanat, signalétique de la médina), à Strasbourg (Plan de transports urbains, coopération administrative) et a établi une relation nouvalle avec Marseille.

1-1.f Contacts utiles


1-2. Sefrou, la ’’miniature de Fès’’ et son aînée

A 28 km au Sud-est de Fès, sur les contreforts du Moyen Atlas (et à 850 m d’altitude), Sefrou offre, en réduction, une image très évocatrice de Fès. Fondée en 806, deux ans avant celle de Fès, sa médina antique est cernée par des remparts percés de portes monumentales. La culture marchande, l’importance autrefois de la population juive nombreuse et prospère, issue de l’exode de Grenade en 1492, tout, en médina ancienne, témoigne d’une communauté de destin ancienne avec Fès d’ailleurs toujours actuelle. Ceci inclut un niveau de pauvreté assez élevé, qui a été générateur de brèves mais violentes ’’émeutes du pain cher’’, le 23 septembre 2007.

- Sefrou compte 65.000 habitants, dans sa partie urbaine. La ville nouvelle date de 1917. Elle commande une province de même nom, créée en 1991 et de taille modeste (4009 km² 2.260 000 habitants), composée de cinq municipalités urbaines et de 18 communes rurales. 46% de la population y est urbanisée. Le premier maître de la Ville et son fondateur, contemporain de Charlemagne, fut le Sultan Moulay Idriss II, qui en fit une base avancée d’où lancer la fondation de Fès.

La communauté juive a quitté Sefrou lors de la guerre des sept jours (1967), ce qui a porté un coup à l’économie locale, celle d’un gros bourg commerçant. Depuis quelques années, d’anciens résidents, généralement établis en Israël, reviennent en groupe, à l’occasion de pélerinages sur les tombes des familles. Leur investissement est très recherché, notamment dans les activités de service.

- Sefrou possède deux zones industrielles aménagées, qui accueillent, notamment, une unité de production du groupe Modis-Triumph. Hors le textile et la confection, les autres activités du secondaire sont les huileries, tanneries, matériaux du BTP et les scieries. Une importante communauté artisanale assure, en médina, 45% de l’activité manufacturière de la Ville.

- La province est traversée par l’Oued Agay, qui la dote d’une ceinture verte agricole (céréaliculture à rendement limité, arbres fruitiers dont l’olivier, colza, fèves, légumes, tabac). La structure foncière voit dominer la petite voire la micro-propriété et les paysans sans terre y sont nombreux (40%). Le terroir recèle plusieures sources minérales exploitées (Aïn Soltan, Aïn Reggada, Aïn Sebou), des lacs naturels, des cascades, des grottes et de vastes forêts.

- La saison Touristique connaît son point fort, début juin, avec le Festival des Cerises et l’élection de ’’Miss Cerisette’’, dans la plus pure tradition de nos concours de beauté communaux, mais de coloration arabo-berbère. La proximité de Fès n’autorise cependant qu’un tourisme d’étape, même si une maison d’hôte française a été ouverte en médina.

- La commune de Sefrou est jumelée avec celle de Blotzheim, dans le Haut Rhin.


1-3. La station thermale et province de Moulay Yacoub

A 14 km seulement de Fès, la ville et la province de Moulay Yacoub en constituent une banlieue rurale (98 % de la population y est paysanne), nichée dans le relief particulièrement escarpé et pittoresque du Rif. Elle ne compte qu’une seule municipalité et 10 communes rurales, dans un espace réduit (1.726 km²). La population provinciale est de 140.000 habitants.

Outre l’activité agricole de zone sèche et l’élevage ovin et équin, Moulay Yacoub bénéficie principalement, au plan économique, de l’activité de deux stations thermales : Moulay Yacoub (la plus célèbre) et Aïn Allah (réservée au tourisme intérieur), réputées pour leurs vertus curatives. Les thermes entretiennent un pôle d’attraction du tourisme. Quatre hôtels sont ouverts sur place. Un peu vétustes, les installations de la première vont faire l’objet d’une rénovation complète et d’une extension au financement desquelles sont associés des capitaux jordaniens.


2. La région de Meknès-Tafilalet, de la Méditerranée au désert

2.a Données naturelles et humaines

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vignoble de la région de Meknès

Située au centre-sud du Royaume, la région de Meknès-Tafilalet s’étend sur 79.210 km2 (soit 11,4% du territoire national ou le double de la Belgique). Parmi les 16 régions di Maroc, elle est la plus étendue en superficie. Elle se compose de la Préfecture de Meknès, des Provinces d’El Hajeb, d’Ifrane, de Khénifra et d’Errachidia. Ellet compte 23 Communes urbaines et 111 rurales. Terre de contrastes, le Meknès-Tafilalet frappe par la diversité de ses climats et de ses cultures :

-  Le plateau de Saïss et les reliefs prérifains (préfecture de Meknès et une partie de la province d’El Hajeb) se caractérisent par un climat stable, froid et pluvieux l’hiver, et chaud et sec l’été.

-  La zone montagneuse qui englobe le Moyen Atlas, l’Anti-Atlas Oriental du plateau, et une partie du Haut-Atlas Oriental et la haute Moulouya, connue par son froid et des chutes de neige en hiver ainsi que des variations climatiques entre l’hiver et l’été.

-  Un vaste espace oasien, au climat semi-désertique ou désetique (Erg Chebbi), qui correspond à la Province d’Errachidia.

La population s’établit à 2.150.000 âmes (7,2% de la population nationale), avec une densité faible de 27 habitants au km2. Le taux d’urbanisation de la région, de 56,2%, est proche de la moyenne nationale (55%).

2.b Histoire et patrimoine

Les conditions naturelles favorables de la région de Meknès-Tafilalet ont fait d’elle un lieu d’émigration convoité et une terre de brassage ethnique et culturel, depuis le néolithique jusqu’à l’aire contemporaine. La région dispose, aussi, d’un important patrimoine de villes et de monuments comme les prestigieuses cités de Volubilis et de Sijilmassa. La première a été fondée par les romains, avant l’ère chrétienne, et la seconde , qui fut jusqu’au XIIème siècle la plus ancienne cité musulmane et la place commerciale la plus importante du Maghreb fut créée au VIIIème siècle (elle devint plus tard le berceau de la dynastie alaouite).

- La Région a connu une période d’histoire glorieuse au VIIIème siècle sous le règne de Moulay Idriss I er, Chérif (parent du Prophète), qui fonda la première dynastie marocaine et dont le mausolée attire les pélerins, à Moulay Idriss Zerhoun. Sous les règnes des Almoravides et des Alaouites, la prospérité économique s’est adossée à la puissance militaire et politique. L’expansion urbaine a suivi. Au XVIIIème siècle, Moulay Ismail, sultan alaouite contemporain de Louis XIV, surnommé ‘’le bâtisseur’’, fit de Meknès la Capitale du Maroc. Il y fit construire des palais, des jardins, des portes monumentales, des remparts sur une circonférence de 40 km et de nombreuses mosquées aux minarets sculptés (Meknès est depuis lors vantée comme ’’la ville aux cents minarets’’). En 1996, Meknès a été reconnue patrimoine mondial, par l’UNESCO.

2.c Données sociales

- La croissance démographique intercensitaire 1994-2004 s’élève à 1,2% ; Le taux tend donc à diminuer et à se rapprocher de celui enregistré au niveau national. Celui de l’alphabétisation s’améliore progressivement : au niveau régional il s’élève à 42% (plus 10 points en 10 ans), mais des disparités de l’ordre de 20 points existent entre les Provinces, notamment entre celles de Meknès (la plus riche) et celle de Khénifra, très démunie. Le taux d’activité régional s’élève dans la région à 34,1% contre 35,9% au niveau national. Les jeunes, malgré la présence d’une excellente université (Moulay Ismaïl) connaissent un taux de chômage particulièrement élevé.

2.d Données économiques

-  L’agriculture fournit un tiers du revenu de la Région et concentre 52% de ses emplois. La riche plaine du Saïss constitue l’un des deux greniers alimentaires du Maroc. ’’Château d’eau du Maroc’’, grâce au potentiel hydraulique des montagnes avoisinantes, elle irrigue une superficie agricole utile estimée à 617.465 Ha, répartie entre 124.410 Ha de terres irriguées et 493.055 Ha de terres ’’bour’’ (terre de culture non-irriguée, consacrée à l’agriculture en sec ou à l’agriculture pluviale).

- Le Meknès-Tafilalet représente le premier pôle de production de fruits et légumes du pays : premier producteur de pommes, deuxième producteur de dattes, cœur du vignoble marocain et important producteur d’olives et d’amandes. Le maraîchage fournit également des productions conséquentes et diversifiées (pommes de terre, oignons...) La région constitue aussi l’un des premiers pôles de l’élevage marocain. Meknès est, depuis 2006, l’organisatrice du Salon International de l’Agriculture du Maroc (SIAGRIM).

-  L’industrie est concentrée à Meknès-même, autour des filières de l’agroalimentaires, du textile, de la chimie (le climat est propice à cette activité) et des matériaux de construction. Implantations locales de Lafarge et de Saint Gobain. Les industries du textile et du cuir demeure le premier secteur exportateur et générateur d’emplois (7,8% du total).

-  Le tourisme est en développement (1,6% de l’emploi ‘’officiel’’) mais les hôtels classiques ne réalisent encore que 2% des nuitées enregistrées à l’échelle nationale, en dépit de l’existence d’énormes potentialités en la matière (patrimoine historique ismaïlien de Meknès, tourisme de bivouac dans le grand Sud, aux franges du Sahara, éco tourisme de montagne et même ski alpin).

2.e Relations avec la France

-  La Chambre Française de Commerce et d’Industrie au Maroc (CFCIM) compte une vingtaine d’entreprises française locales affiliées, essentiellement installées à Meknès : Saint Gobain , Segedema, Groupe Castel, Lafarge...

-  Partenariats de coopération décentralisée

  • Contacts non-formalisés avec le Languedoc-Roussillon.
  • La région Bourgogne a également prospecté la région de Meknès-Tafilalet en vue d’un partenariat portant notamment sur l’agriculture et la viticulture.
  • La municipalité de Meknès entretient, depuis 2005, un jumelage actif avec la ville de Nîmes.

-  Présence française

2.f Contacts utiles


2-1. La ville impériale de Meknès

Meknès, l’une des quatre villes impériales du Maroc, a été classée, par l’U.N.E.S.CO, Patrimoine Universel de l’Humanité, en décembre 1996. On ne peut en parler sans évoquer de la ville romaine de Volubilis,situéesurlesrives de l’oued Khoumane , juste au Nord. Le destin a voulu que la première dynastie marocaine naisse sur le pourtour de Meknès. C’est aussi à Meknès qu’a été reconnue, pour la première fois, l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

2-1.a Histoire

- Meknès-des-Oliviers (Meknassa ez-zitoun) fut fondée au X ème siècle par la tribu Zénète Meknassa, originaire du Moyen-Orient. La fertilité du sol et l’abondance des eaux, ainsi que la beauté naturelle du site avaient attiré cette tribu qui y édifia plusieurs bourgades agricoles. C’est à 25 km de là, qu’au VIIIème siècle, nacquit la première dynastie du Maroc : celle des Idrissides (786 à 917), fondée par Moulay Idriss 1er, apparenté à Ali, cousin et gendre du Prophète Mahomet. Le Sultan-fondateur a son sanctuaire sur les pentes du mont Zerhoun.

- En 1069, les Almoravides prirent possession de la ville qu’ils fortifièrent. Meknès s’était bien enrichie de ses oliviers, de ses arbres fruitiers Lorsqu’elle tomba, en 1145, après un siège de sept ans, aux mains des Almohades. Abdel-Moumen ordonna l’exécution de ses adversaires et Meknès fut désertée. Par la suite, les Almohades la repeuplèrent.

- Dans la première moitié du XIIe siècles, les Mérinides, notamment les Sultans Abou Youssef et Abou El Hassan, s’emparèrent à leur tour de la région, y édifiant de nombreux monuments. C’est sous les Mérinides que Meknès deviendra véritablement une cité hispano-maghrébine. La chute de la dynastie entraînera son déclin. Au début du XVe siècle, les Berbères des alentours, évincés par les populations arabes, se retranchèrent dans les montagnes. Meknès passera aux mains Watasides puis sous celles des Saadiens, dont les intérêts étaient tournés plutôt vers le Sud.

- Ce n’est qu’à la fin du XVII ème siècle, avec l’avènement du deuxième Sultan alaouite que la ville de Meknès retrouve le premier rang des cités impériales. En 1672, le nouveau sultan alaouite, Moulay Ismaïl, la choisit comme capitale politique et militaire, entreprenant de la refondre dans un style présaharien, celui des origines de sa dynastie.

Moulay Ismaïl lui apporta un extraordinaire essor et en fit une grande capitale du Monde. Le ’’Sultan-bâtisseur’’réalisa de nombreux et grandioses édifices : trois mille captifs chrétiens, venus de Fès, furent mis à la tâche avec trente mille prisonniers des tribus berbères environnantes. Le sultan Alaouite détruisit la casbah mérinide et une partie de la vieille ville pour ériger une superbe muraille de 40 km de pourtour, trouée de portes monumentales. Il réalisa en un temps record une imposante cité impériale, le Dar el-Makhzen pour son administration personnelle et son harem (de cinq cents femmes), des mosquées, des casbahs pour sa garde, des pavillons, des entrepôts, des greniers, des écuries, de vastes jardins, des pièces d’eau, etc., en prélevant parfois des matériaux du site romain de Volubilis ou du Palais el-Badi de Marrakech.

- Souhaitant multiplier les échanges avec le Royaume de France, le sultan envoya à Versailles, en 1698, un émissaire chargé de conclure une alliance politique et de traiter le rachat de captifs. Le 16 février 1699, Louis XIV reçu l’ambassadeur Ben Aïcha mais l’entente ne fut point scellée. De retour à Meknès le diplomate fit grand cas de sa rencontre avec la charmante Anne-Marie de Bourbon, fille du Roi et future princesse de Conti. Toute affaire cessante, Moulay Ismaïl demanda au Roi-Soleil la main de sa fille, hélas sans succès. L’anecdote inspira à un poète de Cour le couplet suivant :" Votre beauté, Grande Princesse, porte les traits dont l’amour blesse jusqu’aux plus sauvages lieux ; L’Afrique avec vous capitule, et les conquêtes de vos yeux vont plus loin que celles d’Hercule".

- Les guerres successorales qui éclatèrent après ainsi que le tremblement de terre de Lisbonne (1773) marque un nouveau déclin de Meknès. Pourtant, la cité demeure une importante garnison militaire. Séparées par l’oued Bou Fekrane, la partie ancienne et la ville moderne, bâtie à partir de 1920, sous le protectorat français, rassemblent près de trois cent mille Meknessis dont environ 30.000 résidents français.

2-1.b Economie et relations internationales

Aujourd’hui, Meknès est jumelée à Nîmes (coopérations en agriculture, santé ; échanges sportifs et culturels). La Ville accueille de grandes entreprises françaises - dont Saint Gobain, Lafarge, etc. - et organise, chaque année, le principal salon agricole du Maghreb (SIAGRIM). Ses crus, remontant à une tradition viticole berbère immémoriale, sont renommés et exportés à l’international. Ses ambitions touristiques s’affirment, sur la base de sérieux atouts historiques et naturels. Quelques français commencent à y acquérir des maisons traditionnelles, en médina.

2-1.c Contact utile : site MeknèsVille : http://www.meknesville.com


2-2. El Hajeb : les ‘’sourcils’’ qui veillent sur Meknès

Située à la charnière de la riche plaine du Saïs et des premiers contreforts du Moyen Atlas, la ville d’El Hajeb s’épanouit à 30 km au sud de Meknès, à 60 km au sud-ouest de Fès, à 30 km au nord d’Azrou, à 70 km au sud-est de Khémisset. Elle appartient à la province du même nom, qui fait elle-même partie de la région Meknès-Tafilalet.

- Le relief montagneux d’El Hajeb, sculpté par l’érosion, dessine des "sourcils" naturels (‘’Hajeb’’) à ses deux principales sources, Ain Madani et Ain Khadem. L’altitude oscille entre 1.100 et 1.500 mètres. Bien que le spectacle de la montagne soit là, la province d’El-Hajeb s’étend largement sur la riche plaine de Saïs, qui en constitue la partie la plus fertile. C’est là que l’on trouve l’arboriculture fruitière et la vigne, relativement récente mais qui se plaît sous ce climat.

- La forêt naturelle, un autre atout de l’économie locale, est marquée par la prédominance du chêne vert et du chêne liège. Elle couvre 33.682 ha, mais reste insuffisamment mise en valeur sur le plan touristique. Pourtant, les bois foisonnent en gibier, pour le bonheur des amateurs de chasse. Considérée comme le château d’eau de la région, la Province contrôle les gigantesques ressources hydriques du Moyen Atlas.

- La population urbaine d’El Hajeb est d’environ 80.000 âmes, pour une majeure part des Berbères, appartenant à la tribu des Zayanes et parlant le tamazight du Maroc central » ou « braber », ou « zayane ». Le Festival de chant, tenu chaque année à l’automne, les voit se produire dans leur langue ou français, avec des visiteurs de l’Hexagone, fidèles au rendez-vous.


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2-3. Ifrane : Estivage, ski & enseignement supérieur

2-3.a Données générales

- géographie : Ifrane, ’’perle du Moyen Atlas marocain’’, se distingue par son urbanisme à l’européenne avec ses chalets aux toits couverts de tuiles rouges et par ses paysages de montagnes. Située à 1.650 m d’altitude, elle est dotée d’une station de ski très prisée au Mont Mischliffen ; D’aucuns l’appellent d’ailleurs « la petite Suisse du Maroc ».

Située à moins d’une heure de route de Fès(à 63km), Ifrane est aussi très fréquentée l’été par les marocains comme les étrangers pour la fraicheur de ses sites verdoyants, pour ses forêts de chênes verts, de sapins et de cèdres(on y trouve la plus grande forêt de cèdres du Maroc qui s’étend sur plus de 48 687 ha), et pour ses lacs (pour la pêche à la truite et au brochet). C’est le chef lieu de la province d’Ifrane, dont la superficie est de 3.573 km² et qui fait partie de la région Meknès-Tafilalet. En tamazight (berbère), Ifrane signifie ’’grottes’’ (au singulier : ifri). La région est, en effet, connue pour ses grottes, qui s’étendent jusqu’à El Hajeb. Historiquement l’ancien nom d’Ifrane est Tourtite, (ce qui, en berbère, signifie jardin), du fait de sa végétation luxuriante, de l’abondance de ses ressources en eau, ainsi que des pâturages fertiles.

- population : La ville d’Ifrane compte quelques 30.000 habitants.

2-3.b Histoire et patrimoine

- Les premières traces de l’installation humaine dans la région remontent au Néolithique comme en témoignent les grottes de Tizguite par exemple. Ifrane sera habitée plus tard par une population issue des deux grandes tribus berbères parlant le tamazight, les Béni M’guild les Béni M’tir et une partie des Ait Seghrouchen, tribus nomades qui se déplacent entre les pâturages verdoyants de Timahdite et Azrou.

- Quelques siècles plus tard, plus exactement en 1928, par arrêté viziriel (ministériel), les autorités du protectorat français décidèrent de créer un centre d’estivage, appelé Ifrane. Il s’agissait, sans doute aussi, de contrôler les ressources naturelles, voire de cerner les tribus Amazighes hostiles à la présence coloniale, telle la tribu des Zayanes, réputée pour la bravoure de ses guerriers. Toujours est-il que le Français de Métropole établi au Maroc venait, sur le site d’Ifrane, retrouver un peu de fraicheur et d’altitude de son pays natal.

- Ifrane se transforme alors en station estivale ou de ski, selon la saison, aux allures suisses, assez unique dans ces contrées berbères du Maroc. Le visiteur ne peut pas manquer le spectacle de façades normandes, bretonnes ou alsaciennes : nostalgie du pays quitté et/ou volonté de laisser, derrière soi, une trace durable de son passage ?

2-3.c Economie

Les ressources naturelles d’Ifrane ont nettement influencé son type d’économie. La surface forestière exploitable, qui totalise 116.000 hectares, contribue considérablement à la promotion économique et sociale de la Région. L’industrie du bois génère annuellement 30 millions de DH pour la région. Ces recettes aident les communes rurales à s’équiper et à réaliser leurs projets. Le ramassage du bois et le pâturage rapportent 70 millions de DH en ressources indirectes. Concernant l’agriculture, la province d’Ifrane y consacre une superficie de 357.300 ha, et produit 36.290 tonnes de fruits annuellement. C’est une production qui est constituée de pommes (65,80%),de poires (18,43%),de pêches (6,5%), de cerises (4,8%) et autres (3,7%). Ces fruits sont commercialisés à l’état brut dans leur immense majorité.
- Quant au cheptel, il compte 745.500 têtes dont 87% d’ovins, constituant la principale ressource économique de la population rurale.

Le secteur industriel dans la province d’Ifrane compte 88 établissements de petite et moyenne taille. Agroalimentaire, transformation du bois et fabrication de matériaux de construction en sont les branches principales. Elles génèrent près de 1.800 emplois directs.
- L’artisanat occupe une place importante dans l’activité économique d’Ifrane. Ce secteur emploie près de 3.000 personnes réparties sur environ 30 métiers (axés principalement sur le travail du bois, le tissage et la broderie), constitués en petites unités traditionnelles et individuelles.

- Au niveau touristique, Ifrane connaît une animation marquée en hiver, avec une clientèle à fort pouvoir d’achat, grâce à la station de ski Mischliffen. L’écotourisme se prête tout à fait à cette région jouissant d’un vaste parc naturel, d’une abondante diversité végétale, paysagère et patrimoniale, et de sites ornithologiques reconnus à l’échelle internationale (observation d’oiseaux rares), mais il reste insuffisamment développée du fait du manque d’investissements.

- Ifrane est célère, enfin, pour son Université, l’Université Al Akhawayn (son nom signifie ’’les deux frères’’, par allusion aux deux fondateurs célèbres de cette université : S.M. le Roi Hassan II et S.M. le Roi Fahd d’Arabie Saoudite) qui dispense à mille étudiants de 17 pays différents un enseignement allant des sciences humaines jusqu’aux nouvelles technologies de l’information, fondé sur le modèle américain. L’Université Al Akhawayn est devenue un pôle académique du niveau des grandes institutions universitaires mondiales, parfois qualifié de ’’Harvard du monde arabe’’. Les étudiants sont également tenus, lors de leur cursus, de s’impliquer dans des œuvres sociales dont bénéficient les habitants d’Ifrane et la région du Moyen-Atlas. Si les frais d’inscription restent élevés, l’Université a mis sur pied un programme de bourses financé par l’Etat et destiné aux étudiants issus de familles aux revenus modestes.

2-3.d Présence française et coopération On compte une vingtaine de français qui résident à Ifrane :ils sont commerçants ou enseignent à l’Université Al Akhawayn.

- Il n’existe encore aucun partenariat de coopération décentralisée avec des villes ou des régions françaises.


2-4. Midelt : Atlas berbère, pommiers et ancienne mine de plomb

- Histoire et patrimoine

Midelt s’est développée sous le protectorat français, autour du projet d’exploitation de la mine de plomb de Mibladen. Auparavant, elle était constituée d’un ensemble de Ksour (villages fortifiés contre les attaques nomades). On y trouve les ’’gorfas’’, greniers qui servaient de réserve pour le grain mais aussi d’habitations refuges) établis le long de l’oued Outat, où demeuraient en majorité des berbères Aït Zdeg. Le centre de Midelt n’était alors qu’une étape marchande sur la route reliant Sijilmassa, au Sud (berceau de la dynastie alaouite et oasis marchande de 600 kasbahs), par caravansérails, ces grandes caravanes amenant d’Afrique noire la poudre d’or, l’ivoire, les plumes d’autruche, les esclaves, aussi... ) vers Meknès, au Nord.

- C’est suite à la ‘’pacification’’ des ksours par les colons français en 1917 que Midelt devint une véritable ville européenne et même, par la suite, une garnison militaire et un centre économique régional. Deux communautés religieuses chrétiennes y sont installées depuis cette époque. Pendant la seconde Guerre Mondiale, la ville s’est agrandie en étroite liaison avec le développement de l’activité des mines de Mibladen et Ahouli, exploitées depuis 1936. Ces mines constituaient la base de l’économie. Elles ont attiré une main d’œuvre venue des quatre horizons du Maroc.

- Midelt se situe dans l’aire de peuplement berbère. Le taux de chômage y est élevé, notamment en raison de l’arrêt de l’exploitation minière, depuis 1974, et des calamités agricoles dues à la sécheresse. Le développement d’un tourisme d’étape pour les circuits de randonnée saharienne peine à prendre le relais. Pour l’électricité, le taux de branchement s’élève à 75%. Seuls 65% des foyers disposent d’un branchement en eau potable. Le traîtement des eaux usées est une priorité pour la ville pour protéger l’oued Outat.

- Données économiques

Malgré le climat d’altitude, rude, le terroir est fertile. Les zones à vocation agricole sont localisées dans un rayon de 15km à partir de Midelt. La superficie totale de ces zones est estimée à 3.500ha. Le type d’agriculture dominant est le type traditionne (80%), le type moderne - notamment l’arboriculture - représentant 20% du domaine. Depuis plusieurs années, c’est un grand centre d’exploitation des pommiers : Midelt occupe, au niveau national, la première place dans la production de ce fruit mais elle ne produit pas encore de produits dérivés. Le moussem des pommes est célébré chaque année, au mois d’octobre. Par ailleurs, les Mideltis s’adonnent aussi à l’élevage bovin et ovin avec une productivité élévée.

- les ressources minéralières de la Région ne sont plus rentables et, seule, l’extraction de certaines roches précieuses (Vanadinite) se poursuit sur une petite échelle, à Ahouli et Mibladen. L’industrie et l’artisanat sont quasi inexistants.

- Pas de partenariat de coopération décentralisée avec la France.

- Contacts utiles

* Conseil Régional du Tourisme : http://www.tourisme.gov.ma/francais... - * Municipalité de Midelt : 035 58 62 09 -


2-5. Khénifra, l’enclavement montagnard

2-5.a Données générales

- géographie : Perchée à 830 m d’altitude, sur les bords du fleuve Oum er-Rbia, dans le couloir encombré de coulées basaltiques qui sépare le Moyen Atlas de la Mesata (Plateau Central Marocain), Khenifra se présente comme une cité rouge, reflet de la couleur des sols argileux qui l’entourent. Distante de 160 km de Fès, et de 300 km de Marrakech elle est la capitale de la province pauvre et enclavée du même nom. La province de Khénifra correspond à une zone montagneuse (Moyen Atlas) de la région Meknès-Tafilalet. Cette province, où les plus importants fleuves du pays prennent leurs sources, joue le rôle d’un château d’eau pour la plaine agricole du Saïss. À une trentaine de kilomètres de la ville se trouvent les sources de l’ Oum Rabiaa et le fameux lac Aguelmam Azegza constituent des curiosités touristiques.
- La population compte quelque 40.000 Khénifris.

2-5.b Histoire et patrimoine

Khénifra est restée longtemps un modeste enclos au bord de l’Oum er Rbia, où s’abritait l’hiver des pasteurs Zaïanes, une tribu berbère de la région. A la fin du XVIIe siècle, le sultan Moulay Ismaï fait restaurer la kasbah voisine d’Adekhsane et jeter un pont sur l’oued, accordant alors à cette bourgade l’importance d’un point de passage pour le commerce. A la fin du XIXe siècle, Moha Ou Hammou ez Zaïani, nommé caïd par Moulay el Hassan, se rend maître de la région, au nom du pouvoir central. Après y avoir établi un marché très fréquenté, des bains, une mosquée, des fondouks, il s’affranchit de la tutelle du Sultan, trop soumis aux Français. Attaquant les caravanes, razziant la région jusqu’à Meknès, ses hommes s’enrôlent dans le mouvement berbère de résistance au corps expéditionnaire de Lyautey. Entré dans la ville en novembre 1914, celui-ci subit, peu après, de lourdes pertes (563 morts). Ce baroud berbère ne prendra fin qu’en 1921, lorsque Moha Ou Hammou succombe dans un combat contre les Français.

2-5.c Données économiques

Khénifra dispose de ressources hydrauliques considérables (générées par ses fleuves et par de nombreux lacs d’intérêt écologique), de richesses forestières (essentiellement, le cèdre et le chêne vert sur 526.000 ha), de ressources minières diversifiées (carrières calcaires, plomb, cuivre et barytine), aisi que de sites naturels exploitables pour l’écotourisme. La province figure pourtant parmi les plus pauvres du Maroc et, selon le Haut Commissariat au Plan, l’indice de pauvreté y s’élève à 25%. La principale activité reste l’élevage, (ovin et caprin), qui connaît une crise aiguë avec les dernières années de sécheresse et le surendettement vis-à-vis du crédit agricole. Des activités d’artisanat, modestes, se développent à la morte-saison. Aucun investissement industriel moderne ne s’y est encore hasardé.
- Khenifra souffre, en effet, de sa marginalisation dans le domaine du développement économique et social et en matière d’aménagement du territoire comme d’infrastructures (en particulier : dramatique absence de lieux de soins, dans les zones montagnardes, peu accessibles). Elle n’a jamais bénéficié d’un véritable plan de développement intégré et a du attendre mai 2008 pour accueillir la première visite du Monarque. Emigration et prostitution se développent dans le sillage de la pauvreté. Qui plus est, la pollution et le gaspillage affectent l’exploitation des richesses naturelles dans la partie accessible de ce territoire.

2-5.d Relations avec la France

- 10 Français résident à Khénifra. Aucun partenariat formel de coopération décentralisée n’est signalé avec cette province, qui intéresse néanmoins un groupement de parcs naturels et certaines ONG françaises du Languedoc.


2-6 Er-Rachidia et le Tafilalet, les oasis sahariens

Er-Rachidia, l’ancienne Ksar Es-Souk, est le siège de la province du même nom, dans la région de Meknès-Tafilalet. La province d’Er-Rachidia constitue un joyau du sud-est marocain, par la diversité de ses paysages, de ses cultures et par la tradition d’accueil de sa population. Elle constitue de plus le berceau de la dynastie alaouite, qui occupe le trône du Maroc. La toponymie des localités, des rivières et des monts est généralement berbère, à l’image de la population « touareg ». La Province est une mosaïque de tribus et de traditions, créée par l’histoire au fil des invasions et mouvements de populations, et aussi grâce à l’économie des caravanes subsahariennes. Ces particularismes sont encore bien vivants et propices à l’essor du tourisme.

2-6.a. Données géographiques et naturelles

- Population (recensement de 2004) : 76 759 habitants.
- Le climat semi-désertique à forte influence continentale, voit alterner des températures très contrastées, tant au plan saisonnier que journalier : la moyenne annuelle est de 20°C. Les précipitations moyennes annuelles sont faibles, de l’ordre de 120mm ; le nombre de jours de pluies par an est très réduit : 25 jours en moyenne, ce qui représente un atout pour le tourisme saharien.

Située au centre-sud du Royaume, la province d’Er-Rachidia, qui pointe vers les frontières maroco-algériennes, au sud (Tafilalet), recèle une grande richesse en espèces animales et végétales, dans ses deux unités géomorphologiques : l’Atlas oriental et la zone oasienne, présaharienne. Ses parcs et ses réserves offrent un potentiel pour la chasse et la pêche. Le Tafilalet draine un nombre croissant de visiteurs : touristes de nature, randonneurs, amoureux du désert...

- Le parc national du haut Atlas oriental s’étend sur une superficie de 50 000 ha, dont les 2/3 dans la province d’Er-Rachidia. Le 1/3 restant relève de la province de Khenifra. Le PNHAO représente un potentiel faunistique et végétal exceptionnel.
- La réserve biologique à gazelles a été créée en 1990, pour protéger la gazelle dorcas de la région d’El Kheng, menacée par le braconnage. Elle s’étend à 15 km à l’ouest de la ville d’Er-Rachidia, sur une superficie de 1000 ha dont 600 clôturés, dans la zone dénommée Tarda.

2-6.b Données économiques et sociales

2.1. Les activités agricoles de la province d’Er-Rachidia reposent essentiellement sur la culture des dattes et sur l’élevage ovin. La désertification grignote l’air des oasis et menace les palmeraies. Le « stress hydrique » est très sérieux et risque de conduire à l’abandon, par les populations, de parcelles du domaine agricole reprises par le Sahara. Le PNUD mène, en liaison avec les autorités locales, une politique de lutte contre la stérilisation des sols.

2-6.c L’artisanat est une source majeure de revenu, avec comme spécialités : tissage traditionnel, menuiserie-boissellerie, vannerie, produits à base végétale, pierres fossilisées (la mer occupait cet espace) et poterie.

2-6.d La province d’Er-Rachidia a encore peu mis en valeur son potentiel touristique. Ses sites visitables sont variés : cimes enneigées de la haute montagne, dunes sahariennes (ergs) de Merzouga, palmeraie verdoyante des gorges des oueds : Ziz, Ghris et Guir, constituant ensemble la grande oasis du Tafilalet. De par son passé flamboyant, la province d’Er-Rachidia garde un foisonnement culturel et architectural, notamment un patrimoine bâti de toute beauté, composé de ksours et de casbahs en pisé, de monuments historiques et de mausolées dynastiques (Erfoud : sanctuaire du sultan fondateur Moulay Cherif). La vocation touristique éminente de la Province est confirmée par la richesse de s arts populaires et du folklore comme par le nombre eset la diversité de ses sites touristiques. Ainsi, les principaux atouts sont :

- le tourisme du désert et oasien est en pleine expansion ; de même, le tourisme culturel et de festivals (festival de musique d’Errachidia-Erfoud) ; le tourisme de montagne et de thermalisme constitue une option. Le bivouac saharien est particulièrement en vogue et donne lieu à une multiplication des « ksour » - gîtes ou maisons d’hôtes - parmi lesquels figurent des investissements français.

Livrés à eux-mêmes, les bivouaqueurs, loin de toute infrastructure ou service public, y goûtent un parfum d’aventure (un contrat d’assistance-rapatriement est indispensable !).

2-6.e Coopération décentralisée

La ville d’Er-Rachidia entretient une coopération avec le département de l’Héraut, en matière de recherche et de lutte contre la désertification (protection et réhabilitation des oasis).

Contact utile : Délégation touristique, bd du Prince Moulay Abdallah, Er-Rachidia ; tél. : 00212 35 57 09 44


3. La région de L’Oriental, aux portes de l’Europe

3.a Géographie physique et humaine

Adjacente à l’Est et au Sud à la frontière algérienne, la région de l’Oriental est délimitée au Nord par la Méditerranée et à l’Ouest par les provinces d’Al Hoceima, Taza, Boulmane et Errachidia. Cette situation géographique en fait un carrefour de communication et d’échanges maghrébin et un trait d’union entre l’Afrique et l’Europe (dont elle est plus proche que les autres régions du Maroc). Sa superficie (82.820 km2) dépasse celle de la Belgique et des Pays-Bas. La population de l’Oriental représente 6,45% de la population marocaine.

3.b Economie

- La région va tirer parti d’infrastructures de base en rapide développement :

. les ports de Nador (pêche, trafic de marchandises et voyageurs), Saïdia (port de plaisance) et Cap de l’eau (port de pêche et de plaisance). L’Oriental mise sur une synergie avec le port industriel de Nador ;

. les aéroports internationaux Oujda-Angades, El Aroui (Nador), la piste d’atterrissage pour gros porteurs à Bouarfa (confins sahariens) ;

. un réseau routier en rapide progrès : la double voie Oujda-Nador, la rocade méditerranéenne (route côtière entre Saïdia et Tanger sur le littoral), la future autoroute Fès-Oujda (320 km)- De même, un réseau ferroviaire reliant Oujda à Casablanca, à Bouarfa et la construction en cours d’une voie ferrée Taourirt-Nador.

- Mais la région reste enclavée et auto-centrée. Elle vit essentiellement des transferts financiers effectués par les Marocains résidant à l’étranger (MRE) et du ’’commerce’’ transfrontalier. En 40 ans, la frontière avec l’Algérie est restée fermée 23 ans. l’Oriental éprouve donc quelque difficulté à trouver des débouchés.

. la Région table sur la mise à niveau de l’infrastructure et notamment Saïdia et Figuig forment un pôle touristique. L’activité agro-industrielle de Berkane et de Taourirt, reste également un atout.

3.c Agriculture

L’Oriental est influencé par deux types de climat : méditerranéen au Nord, protégé par les montagnes, et continental au Sud sensible, aux influences sahariennes. Ceci se répercute sur la pluviométrie, plus favorable au Nord(culture céréalières et arboriculture et culture industrielle). La modernisation du secteur primaire constitue la préoccupation principale, dans la province de Berkane en particulier, qui dispose d’importantes potentialités.

3.d Industrie

La Région cherche toujours son second souffle, malgré un effort d’industrialisation affirmé depuis deux décennies. Le nombre d’entreprises de la région (289 avec 292 établissements) ne représente que 4% du total national, avec un chiffre d’affaires qui se monte à 3,7% du chiffre d’affaires national. Ceci correspond à 3,9% de la production nationale, 1,8% des exportations et 2% de l’investissement national.

3.e Artisanat

L’artisanat occupe une place majeure dans l’emploi local : environ 49.400 artisans. Les produits de l’artisanat les plus représentatifs sont les couvertures, tapis, burnous, djellabas, robes oujdi, kaftans... et les produits de vannerie. La Région dispose de matières premières adéquates pour développer le secteur (laine, alfa, cuir...) ;

3.f Tourisme

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Palmeraie de Figuig et ses arbres géants

L’Oriental recèle de potentialités, du sable fin de la mer, de l’air frais des montagnes et du soleil brûlant du désert. La Région dispose de plages (Saïdia, Tazaghine, Cap de l’eau, Troukout, Arekmane, Aghzane, Boukama), de forêts (Taforhalt, Debdou, Gourougou), de palmeraies (Figuig), de sources thermales (source de Benkachour et source de Fezouane), de grottes archéologiques (Zegzel et la grotte du Chameau), le tout sous un climat où le soleil brille plus de 300 jours par an.

- Le plus important actuellement est celui de FADESA à Saïdia : Méditerrania-Saïdia est une station résidentielle et touristique, s’étendant sur plus de 7.000.000m2 et 15 km de rivage, avec des propriétés individuelles mais également six hôtels de haut standing, un port de plaisance, trois golfs, un centre commercial, une clinique et un large éventail de services, prévus pour les appartements et les villas de cette station balnéaire.

3.g Partenariats de coopération décentralisée

-  Lille et Oujda entretiennent, depuis de nombreuses années, des liens forts et réguliers : plusieurs milliers de Lillois sont, en effet natifs, d’Oujda et de l’Oriental. Un accord-cadre de partenariat a été signé, le 27 avril 2005, à Lille et confirmé par la signature d’une Charte de Jumelage le 27 juillet suivant, à Oujda. Les coopérations touchent en particulier la formation (plan de formations spécialisées), le développement économique du territoire, et l’aménagement urbain (parcs et jardins, requalification de la Médina).

- Région de la Région Champagne-Ardenne - l’Oriental. Cette coopération concerne le secteur universitaire (partenariat université de Reims - université d’Oujda) et elle s’inscrit aussi dans le cadre du développement économique, avec un programme d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (appui individualisé, la création d’une pépinière d’entreprises à Oujda, l’appui aux associations, la formation artisanale), la promotion des activités féminines (appui à la formation professionnelle), un partenariat dans le secteur agricole, le développement d’une filière d’emballage et de conditionnement de la production d’agrumes, un partenariat entre CCI, un programme de compagnonnage industriel... (opérateur principal : l’Institut Régional de Coopération-Développement -IRCOD) ; Elle touche enfin l’administration locale, avec formation des élus du Conseil régional de l’Oriental.

3.h Contacts utiles


3-1. Oujda, campée sur sa frontière

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Oujda

Ville millénaire et frontalière, Oujda fut fondée en 994 au centre de la plaine des Angads par Ziri Ibn Attia. Elle passa ensuite sous tutelle des Almoravides puis des Almohades, qui y élevèrent une nouvelle fortification. Après sa destruction en 1271, Abou Youssef entreprit de la relever en 1325, reconstruisant ainsi une Casbah, un palais, une mosquée et des bains. Il parvint à lui donner une indéniable prospérité. La légende dit que la ville comportait alors 360 portes.

- Moulay Ismaïl, sultan alaouite, procéda, à partir de 1673, à la restauration et l’organisation de la ville et sa région. A travers son histoire, les péripéties qu’a connues Oujda ont été celles d’une ville frontalière passant d’un pouvoir à l’autre, selon la fortune des armes. Oujda a été occupée par la France le 24 mars 1907. Elle contribua efficacement à la lutte pour l’indépendance du Maroc et accueillit aussi le gouvernement provisoire révolutionnaire algérien (GPRA) dans les années charnières entre l’indépendance du Maroc (1956) et celle de l’Algérie (1962).

- L’Oriental ne compte que quelques rares industries (métallurgie, ciment et agroalimentaire) - en tout moins de 4% du PIB du secteur secondaire national - des charbonnages en déclin, une agriculture aride, peu diversifiée, en dehors de la riche plaine de Berkane (la’’Cité des clémentines’’). L’investissement se cantonne surtout dans l’immobilier.

- Les statistiques du chômage s’améliorent lentement. Une part substantielle de l’emploi et de l’activité locale vient de la contrebande frontalière avec l’Algérie toute proche, favorisée par un parler dialectal commun et par les liens familiaux avec l’Oranais.

- La capitale de l’Oriental (700.000 âmes) est renommée pour sa diversité culturelle, notamment, pour ses danses folkloriques typées ("Nari, El Mangouichi, Laalaoui’’), pour sa musique et ses chants andalous (Gharnati), ses artistes de raï enfin, à l’époque actuelle (festival annuel).

- La France dispose à Oujda d’une antenne consulaire, d’un Institut Français, principal acteur d’animation culturelle de la Ville et aussi agent de coopération universitaire et de travail associatif. Le Lycée français a fermé au début de la décennie 1990. Une demande s’exprime pour un tel établissement.


3-2. Berkane et sa vallée : l’Eden des agrumes

Enclavée entre les plaines forestières des Triffa et les montagnes des Béni-snassen, la plaine de Berkane s’étend sur une superficie de 120.000 ha à l’extrêmité nord-est du Maroc, adjacente à l’Oranais algérien. Elle constitue le grenier alimentaire du Maroc Oriental, s’étendant du Rif oriental jusqu’à la frontière algérienne et incorpore l’étroite frange méditérannéenne entre l’oued Kiss (Algérie), à l’est et l’embouchure de l’oued Moulouya, à l’ouest. Le climat est de type méditéranéen, semi-aride (pluviométrie moyenne annuelle de 350 mm). Les monts Bénis-Snassen dominent cette vaste région de plaines et de dunes, facilement accessible et irriguée par des sources et torrents de montagne très nombreux. Les techniques de culture en terrasse dans les vallées des montagnes apportent le témoignage d’une présence séculaire.

- Les plaines sont plutôt un domaine de peuplement nomade, venu des confins arabes. Les berbères Béni-snassen, en zones montagneuses, se fractionnent en quatre grandes tibus : les Béni Khaled, les Béni Mangouch, Les Béni Attigue, et Béni Ouryemmech (d’Est en Ouest). Les nomades arabes se sont installés, quant à eux, dans la plaine des Triffa vers 1830. A ces deux groupes, se sont amalgamés des ouvriers agricoles migrants d’autres régions du Maroc, attirés par les exploitations ouvertes par les colons européens.

- Premier territoire marocain soumis à l’administration française, à la suite des incursions de Bugeaud depuis l’Algérie, il a été profondément remodelé par la colonisation, ce, avant même le traité de protectorat de 1912. De nos jours, 240.000 personnes vivent dans la plaine de Berkane, dont 40%, en zone agricole. Le centre de la ville de Berkane actuelle est constitué par l’ancien bourg européen

- L’économie de la plaine de Berkane est essentiellement agricole mais diversifiée. L’arboriculture par irrigation - au premier chef, celle des agrumes - en constitue la pièce maîtresse. C’est aussi le principal produit d’exportation (la ’’vallée des clémentines’’), en dépit d’un certain vieillissement des plants qui fragilise le verger et nécessite un effort de renouvellement. Le port de Nador est le débouché naturel de cette production. L’oliveraie et aussi la vigne occupent une part moindre du terroir. La maraîchage (pomme de terre, haricot, tomate, artichaud, fève)suitensuitetandisqu’en zone ’’bour’’(non-irriguée),deuxorientations prédominent : l’intensification de la céréaliculture et l’extension de l’oliveraie.

- Une centaine de Français vivent à Berkane, mono et bi-nationaux (plus nombreux). Les associations locales en relation avec des homologues françaises sont actives. Un important cimetière français a fait, en 2006, l’objet d’une restauration sur crédits publics. La ville est jumelée, depuis 2000, à celle de Bondy (93).


3-3 Figuig, sanctuaire historique et écologique

Figuig est historiquement une étape-oasis sur la route des caravanes d’Afrique. Elle est située à l’extrême sud-est du pays, au fond d’un corridor qui s’enfonce dans le territoire algérien, à quelques 400 km au sud de Oujda et à 7 km de la ville algérienne de Beni Ounif. Capitale « nominale » de la province du même nom (dont le siège opérationnel est à Bouarfa), c’est un site hautement stratégique. Figuig est également l’oasis saharienne géographiquement la plus proche de Paris.

3-3.a Données historiques et culturelles

La ville se divise en sept ksour, quartiers traditionnels d’architecture touareg : Zenaga, Laâbidate, Loudaghir, Oulad Slimane, Hamam Tahtani, Hamam Foukani et El Maïz. Ils correspondent à d’anciens groupes de population ayant leurs propres lois et coutumes. Sa population est constituée majoritairement de familles chérifiennes originaires du Golfe arabique, et de populations nomades sahariennes berbères. La langue Tamazigh prédomine. La ville de Figuig fut le siège d’une université au VIIIe siècle, au sein de laquelle étaient enseignés l’algèbre et la théologie musulmane.

3-3.b Données démographiques et géographiques

· Population : 15 000 habitants. Eloignée de sa métropole régionale, Oujda, de 400km, mais de la ville de Bani-Ouanif (Algérie) de seulement 8km, Figuig connaît des mouvements de population, très sensibles, entre le Maroc et l’Algérie. Elle est au cœur de la plus grande oasis de l’Afrique du Nord, s’étendant sur 650 ha. La palmeraie produit des dattes, exportées vers l’Europe et d’autres régions et ses paysages égalent la beauté du Sahara et des montagnes environnantes. Malgré la splendeur de l’endroit, sa fréquentation reste très limitée, du fait d’un manque (délibéré ?) d’infrastructures. Topographiquement, Figuig est une extrémité du grand massif montagneux du Haut-Atlas, qui forme un dernier cirque de montagnes autour de la palmeraie. Cette barrière naturelle confère à la ville de une vocation de citadelle et la protège des vents de sable. Certaines galeries souterraines forment ainsi un réservoir d’eaux pluviales.

3-3.c Données sociales

Isolée géographiquement et longtemps laissée à la marge des politiques publiques, Figuig s’est développée grâce à la remarquable implication de sa population. S’appuyant sur la tradition berbère de solidarité et de travail collectif, les habitants se sont, en effet, engagés dans la protection de l’oasis, avec une démarche citoyenne. Les natifs de Figuig, souvent émigrés en région parisienne, ont conservé un attachement fort à leur ville. L’importance accordée à l’éducation se traduit par un taux d’alphabétisation élevé comparé aux autres villes du Maroc.
- Aujourd’hui, l’oasis doit pourtant se battre pour survivre : elle est confrontée à la désertification, à la sécheresse, à l’insuffisance des services à la population et au départ des jeunes diplômés.

3-3.d Données économiques

L’avènement de nouvelles activités économiques à Figuig et la fixation sur place de la population jeune passe par l’investissement dans l’industrie du tourisme. Celle-ci reste assujettie aux deux contraintes d’un contexte frontalier sensible et de la fragilité de l’environnement oasien. D’une dizaine de lits à peine en 2008, l’infrastructure hôtelière est en passe d’acquérir une capacité permettant l’accueil de quelques centaines de visiteurs.

3-3.e Coopération décentralisée

Figuig est jumelée avec plusieurs villes de Seine-Saint-Denis : Noisy-le-Sec, Stains et Tremblay-en-France. La coopération permet également l’engagement d’actions conjointes avec ces villes comme avec des associations travaillant au Maroc. Elle est aussi à l’origine d’échanges avec d’autres collectivités françaises ayant signé des accords de coopération avec des collectivités marocaines de la même région que Figuig (Champagne-Ardenne, Aix-en-Provence, Lille, Bondy). La coopération porte sur le développement des services publics, l’environnement, la santé, l’emploi. Elle s’appuie sur la présence en Seine-Saint-Denis d’un nombre important de Marocains résidant à l’étranger (MRE), originaires de Figuig et de sa province, et sur l’existence de six associations regroupées en Fédération des associations des originaires de Figuig en France.

- Voici quelques réalisations : · Travail sur la lutte contre la désertification et les économies d’eau dans l’agriculture (depuis 2000). · Formation des personnels municipaux : sport, finances locales et communication (depuis 2000). · Dans le domaine de la santé, formation de personnes relais dans les associations, échanges entre sages-femmes et accoucheuses traditionnelles (depuis 2002) et contribution à un forum santé avec 600 participants (2001-2004). · Séminaire de travail sur le développement économique de la ville (2003).

Liens utiles Site de la ville : www.ville-figuig.info

Site du Conseil général de Seine-Saint-Denis : http://www.seine-saint-denis.fr/Figuig-au-Maroc.html


3-4 La ville d’Ahfir, à l’heure du commerce informel

Ahfir est une petite ville de la province de Berkane surla frontière algérienne.

a. - Histoire

En 1859, le général français Martinprey du Kiss, en pleine guerre « indigène », s’était replié près de l’Oued Kiss, se barricadant au fond de tranchées. Les habitants de cette région, une mosaïque tribale, prirent l’habitude d’appeler cet endroit « Ahfir », "trou" en berbère, qui fait aussi référence à la carrière exploitée à cet endroit. Le 29 mars 1907 marqua l’entrée en force des troupes françaises et le début de la conquête territoriale, depuis l’Algérie. En 1908, le Général Lyautey fonda un village à cet endroit, le baptisant « Martimprey-du-Kiss », en hommage au conquérant de l’Oued. Une garnison militaire s’installa sur l’emplacement du camp retranché. Martimprey-du-Kiss devint alors un village-carrefour pour différentes communautés : « autochtone », algérienne, française, espagnole et juive, participant à la pacification. À l’aube de l’Indépendance, en 1956, le village a retrouvé son appellation d’origine, lors d’une visite du roi Mohammed V qui a ouvert pour Ahfir un nouveau chapitre d’histoire.

b. - Données géographiques

• Altitude : entre 232 et 262 m. • Climat : 14° C en hiver, 35° C en été. Sur la rive gauche de "Oued Kiss", Ahfir jouxte la frontière maroco-algérienne et contrôle la route qui y pénètre, au pied des montagnes des Beni-znassen et entre les plaines de Triffa et des Angades. La Ville est à 19 km de la plage de Saïdia (la « perle bleue » et son immense complexe balnéaire), à 39 km de la capitale régionale, Oujda, et à 25 km de Berkane (la cité des clémentines).

c. - Données économiques et sociales

• Population : 19 000 habitants (recensement de 2004), sur 7 km² de surface. La ville d’Ahfir a connu une diminution du nombre de ses habitants par rapport au recensement de 1994, à cause de l’émigration massive des jeunes en quête de travail et d’une vie meilleure.

• Habitants : 5300 maisons ; 4942 foyers desservis par l’électricité.

• La ville ne compte, parmi ses secteurs d’activités, que l’agriculture (peu rentable, s’agissant des lopins de petits propriétaires) et l’artisanat (menuiserie, peinture, maçonnerie, poterie,..) à côté d’un secteur tertiaire qui emploie la majeure partie des actifs salariés. Le plus grand employeur reste l’État (Éducation Nationale et Ministère de l’Intérieur essentiellement).

• Ahfir vit essentiellement des transferts des Marocains résidant en Europe et du « commerce » transfrontalier. La fermeture (toujours en vigueur) de la frontière maroco-algérienne en 1995 (depuis 1962, cette frontière n’est restée ouverte que 23 ans), a suscité un essor du commerce de contrebande des produits algériens (médicaments, essence, produits industriels « échangés » par d’innombrables passeurs, contre des fruits, des légumes, de l’alcool et des stupéfiants dérivés du haschich). Ce phénomène envahissant - au point que Ahfir ait été surnommée « le marché algérien » - bénéficie d’une certaine mansuétude des autorités (il fournirait de l’emploi et des « informateurs » pour contrôler les trafics politiques ou d’armement). Ainsi s’est créé une prospérité factice, en marge du droit. La mise en place du libre-échange sur cette frontière, prévue par les accords d’association entre l’Union Européenne et le Maghreb, n’est guère concevable sans retour à une norme légale et transparente du commerce. Ahfir reste donc marquée par sa situation frontalière, sans réel débouché commercial, et son économie légale, stagnante, est en recherche de partenaires.

d. - Coopération décentralisée Pas de convention avec des partenaires français. Contacts établis, à l’été 2008, avec Hérouville Saint-Clair (Calvados).

Liens utiles

www.reggada.org

http://ahfir.eu/


3-5 Saïdia, perle bleue de l’Oriental

Saïdia surnommée « la perle bleue » s’acquiert une notoriété en tant que station balnéaire géante en devenir. A l’extrême nord-est du Royaume, sur la côte méditerranéenne de la Province de Berkane (région de l’Oriental), elle jouxte la frontière algéro-marocaine. A 15 minutes de route de Berkane, 30 de Nador, 45 d’Oujda, 1h15 d’Al Hoceima, elle n’est qu’à 3 pas, à pied, de l’Algérie. Ses dizaines de kilomètres de sable fin et son climat idéal durant la deuxième moitié de l’année font d’elle une des plus stations balnéaires les plus courues du nord marocain.

- L’histoire de Saïdia est relativement anecdotique, dans celle du Maroc. Les Rifains de la région (tribus des Ikabdanae et des Ayt Iznassen) ont fondé la ville vers 1548. En 1881, le sultan Moulay Hassan Ier, s’empare de Saïdia et il y édifie une citadelle et deux mosquées. En 1913, la Ville passe sous protectorat français et se voit convertie en station balnéaire.

- Après l’indépendance, cette vocation balnéaire s’est encore affirmée et la vieille ville de Saïdia est devenue l’un des pôles les plus touristiques du Nord Marocain. Le 27 août 2003 a marqué un tournant dans l’histoire de Saïdia. En effet le groupe immobilier Fadesa décroche l’offre lancée par l’Etat Marocain dans le cadre du Plan azur. Le promoteur espagnol s’attèle à l’un des plus grand projets touristiques du bassin méditerranéen, d’un montant d’investissement global de 12 Milliards Dhs et d’une capacité hôtelière de 18 000 lits.
- Mediterrania-Saïdia, la nouvelle station balnéaire résidentielle et touristique géante sort de terre, littéralement, à l’ouest de Saïdia, sur la route de Cap de l’Eau. L’entreprise espagnole rachetée localement par le groupe Addoha) y réalise ce complexe balnéaire géant qui, dès sa première phase (2010), doit mettre sur le marché 18.000 lits (28.000, en 2012). Meditterrania-Saïdia s’étend sur plus de 7.000.000 m2 et comprend des lots résidentiels en villas et appartements de luxe (dans l’arrière du site), mais aussi des hôtels haut standing, en front de mer, un grand port de plaisance avec une capacité de 840 amarrages, trois terrains de golf à 18 trous, un centre commercial, des espaces de shopping et d’affaires, des parcs paysagers, des espaces de verdure, une clinique et une large gamme de services. L’ensemble devant être achevé en 2012, en dépit de certains délais accumulés au début du chantier, source de contentieux.

- Pour l’heure, le centre-ville de Saïdia ressemble encore à un vaste chantier (aménagement d’une corniche, construction d’égoûts et d’une dtation d’assainissement, mais la grande plage de 18 km est très fréquentée par les touristes intérieurs et par des RME (Ressortissants Marocains à l’Etranger) et des touristes. La Ville ne compte qu’environ 18 000 habitants en hiver et reçoit un nombre considérable de visiteurs en période estivale (80.000 en 1980 et plus de 400 000 actuellement). L’environnement a beaucoup souffert des travaux, en l’attente de l’intervention des paysagistes.

- Les villas et appartements, en principe réservés aux étrangers, se vendent rapidement mais arrivent aussi aussi vite sur le marché local : la spirale spéculative est à l’œuvre.

- En dehors du grand projet touristique, Saïdia propose une zone d’activité conçue pour accueillir 120 entreprises. Elles seront pour la majorité tournées vers les nouveaux besoins induits par l’afflux des résidents étrangers. Certains entrepreneurs français comptent s’y installer. Les Français viennent en petit nombre à Saïdia. Ils y seront néanmoins plusieurs milliers (400 à 7000, aux dires des autorités régionales), lorsque le complexe sera achevé, en 2012. Les Britanniques, Espagnols, Belges et Allemands seront nettement plus nombreux.

- Le projet aura un important impact socio-économique sur toute la région de l’Oriental. Celle-ci n’est pas loin de se faire une notoriété en tant que ’’région de Saïdia’’.


4. La région de Taza, Taounate et Al Hoceïma

La région de Taza-Al Hoceima-Taounate (en arabe : تازة الحسيمة تاونات) est située au nord du Maroc, le long de la côte méditerranéenne. Sa superficie est de 24 155 km² ; Elle compte 1 807 113 habitants. Son chef-lieu est Taza, ville stratégique contrôlant les communications Est-Ouest (‘’trouée de Taza’’). Elle se compose de trois provinces :

- la province de Taza (voir monographie) ;
- la province d’Al Hoceima (‘’) ;
- la province de Taounate (‘’).

4.a - Caractéristiques générales

La région se situe au cœur de l’ancien Maroc hispanophone. L’Espagnol y reste un idiome étranger dominant. Peu développée par l’ancien colonisateur, elle possède néanmoins l’atout d’une longue façade sur la Méditerranée. Le climat est méditerranéen au Nord et continental au Sud, avec des étés chauds et secs et des hivers frais et humides, dans la province littorale d’Al Hoceima. Sur les zones élevées du Rif et du Pré-Rif, le climat est clément l’été, mais les hivers sont plus froids avec des gelées fréquentes, avec des rafales de ‘Chergui’ (vent d’est). Le relief est contrasté :

• Au Nord, la chaîne montagneuse du Rif, et le pré-Rif, de formation géologique récente et instable ; • Au sud, les montagnes du moyen Atlas couvertes de forêts ; • À l’Est, le plateau semi-désertique de Guercif ; • Au sud-ouest, le relief de collines de la province de Taounate.

4.b - Infrastructures de communications

La région Taza-Al Hoceima-Taounate est traversée par les routes nationales 1, 2 et 8 et par le chemin de fer reliant Casablanca à Oujda. Elle abrite deux ports : Al-Hoceima (pèche, plaisance et commerce) et Cala Iriss (pêche). Al Hoceima dispose d’un aéroport, Echarif El Idrissi, qui s’étend sur 88 Ha. La province de Taza dispose d’un aérodrome (Sidi Hammou) dont l’état nécessiterait une réhabilitation.

4.c - Economie

Le secteur primaire domine l’activité économique de la Région, avec près de 70 % de la population active : céréales (blé, orge), arboriculture fruitière (olivier, amandier et figuier), maraîchage (pomme de terre, tomates...), fourrages (luzerne, avoine)... Les principales productions animales de la région sont les viandes, le lait, le miel et la laine. L’artisanat constitue un des piliers de l’économie de la région et de l’emploi. L’artisanat inclut le travail du cuir, la vannerie, la poterie, la confection de tapis, le tissage et la sculpture. En dépit de la disponibilité en matières premières, l’activité industrielle est encore à l’état embryonnaire. Trois branches prédominent : l’industrie agroalimentaire, le textile et la chimie. La région détient un potentiel touristique de par sa topographie et son relief adaptés aux tourismes balnéaire et rural. Elle jouit d’une combinaison harmonieuse entre littoral, forêts et montagnes.

4-1 Taounate, province et ville, sur les pentes sud du Rif

- Créée en 1977, la Province de Taounate s’étend sur 5616 km², au sein de la région septentrionale de Al Hoceima-Taza-Taounate. Géographiquement, les quatre districts (pachaliks) et l’arrondissement urbain formant la province se situent dans les collines du Pré-Rif, divisées en deux partie distinctes : le Nord, montagneux (40%), dont le point culminant est le mont Tajerfat (1730 m) et le Sud, vallonné, double dorsale le long des oueds Ouergha, Leben et Inaouen (important potentiel hydrique). Les plaines sont petites et étroites. Le climat est méditerranéen, à hiver froid et humide (5°), la pluviométrie déclinant du nord (1800 mm/an) vers le sud (500). De grands barrages (Idriss 1er ; Asfalou ; Sahl ; Bouhouda) pourvoient à l’alimentation en eau. La Province comptait une population de 680.000 habitants en 2005 (120 ha/km²), urbanisée à hauteur de 12% seulement, avec une croissance naturelle de 0,6%/an. L’activité agricole reste 18 fois plus importante que les services. L’expansion du tissu urbain informel est très rapide expliquant un certain retard des infrastructures.

- L’économie provinciale repose avant tout sur les richesses naturelles. Les margines d’olive, la réalisation incomplète des infrastructures d’assainissement et de traitement des déchets solides constituent les principales atteintes à la qualité de l’écosystème. Les exploitations agricoles sont petites (70.000, de 5 ha, en moyenne) et la moitié des terres sert à l’emblavement. En remède contre le stress hydrique en milieu semi-aride, lié au changement du climat, la part consacrée aux arbres fruitiers (figuiers, amandiers) et à l’oliveraie (un tiers) progresse fortement. Les cultures maraîchères, légumes secs (fèves, lentilles, pois) et fourrage occupent 15 % de la surface agricole utile. L’élevage est extensif et concerne 600.000 têtes, aux deux-tiers des ovins ou caprins. Chênes verts et Chênes lièges se partagent un domaine forestier fragile (40.000 ha), souvent défriché ou incendié pour donner place à la culture du cannabis. Les efforts de reboisement n’y suffisent pas.

- De nouvelles cultures de substitution sont développées dans le secteur des plantes aromatiques et médicinales (lavande, menthe, thym, origan, etc.), de l’apiculture, et un centre expérimental a été ouvert en 2007 pour la mise au point de ces nouveaux produits, à une vingtaine de km de Taounate. Il faut citer enfin des ressources minéralières, en sel (Tissa) et en Strontium (Karia Ba Mohamed).

- L’industrie reste faible et concentrée sur la transformation de l’olive (huile) et des fruits.L’artisanat emploie 3000 personnes dans le domaine du tissage et de la vannerie. Les principaux programmes conduits dans le cadre de l’INDH concernent l’accès à l’eau potable, la génération de revenus (élevage de lapins, de chèvre, apiculture), le ’’recasement’’ dans des locaux en dur des petits marchands ambulants, l’adduction d’eau dans les écoles, les terrains de sport et le traitement des handicaps.

La Province recèle un potentiel touristique imparfaitement exploité. Il s’agit de tourisme vert (randonnée forestière ou en montagne, grottes, sources, pêche et chasse), historique (huit casbah majeures) ou culturel (seize ’’moussems’’ - pèlerinages religieux, festival du cheval de Tissa.

Les infrastructures d’éducation ne vont pas au delà de l’enseignement professionnel (neuf établissements). La province dispose de quatre hôpitaux dont un seul de statut élevé (à Taounate), les autres à Tissa, Karia Ba Mohammed et Rhafsaï.


4-2. La Ville de Taounate

- Taounate (en arabe : تاونات) est située dans la région Pays de Jebala. Cette ville de moyenne altitude, perchée sur sa colline au pied du Rif méridional, domine la rivière de l’oued Sra, qui s’écoule vers les gorges de Gargara. Cette bourgade de marché de 32.700 habitants (2005) a été érigée, depuis 1977, en siège de la province du même nom. Les environs sont vallonnés avec deux dominantes : l’élevage et les cultures céréalières.

- C’est une ville au rôle économique assez modeste. Au titre de l’INDH, plus de 20,1 millions de DH ont, ainsi,été alloués à la réalisationde 39 projets, dont 34 au titre du programme transversal et cinq, de la lutte contre la précarité. Ils portent sur la lutte contre l’abandon scolaire en milieu rural, à travers l’équipement des écoles, l’aménagement des salles de sports et l’achat de véhicules de transport scolaire. Pour stimuler l’investissement, Taounate compte parmi les villes ouvrant droit à une réduction de 50% de l’impôt sur les sociétés.

- Une innovation intéressante, dans le voisinage sud de la Ville, est l’Institut National des Plantes Aromatiques et Médicinales de Ez-Zoulou. La mission de L’INPMA, établissement universitaire de recherche appliquée, est de développer la production de plantes à parfum, médicinales et aromatiques dans différentes régions marocaines. L’Institut propose des formations diplômantes dans les spécialités del’herboristerie, cosmétologie et de la parfumerie ; de la phytothérapie/ aromathérapie / homéopathie et des industries para pharmaceutique et nutritionnelle.

- La ville de Taounate constitue un excellent tremplin pour des activités d’écotourisme (notamment la localité de Bouadel, à 30km et Louedka à Ghafsai), mais elle ne propose que trois hôtels enregistrés. Il y aurait matière à investissement dans les infrastructures hôtelières et de camping.


4-3. Taza, province-citadelle sur son couloir d’invasion

- Données générales

- géographie : La communauté urbaine de Taza est située à 500m d’altitude, au point de rencontre des massifs montagneux du Rif et du Moyen Atlas. Elle s’étend sur 37km2 et appartient à la Province de Taza qui est située au centre de la région Taza Al Hoceima Taounate Cette ville était le passage obligé entre l’est et l’ouest, entre les steppes arides de la province d’Oujda (distante de quelques 200km) et les plaines fertiles du pays fassi - situées à une centaine de kilomètres - et a ainsi longtemps constitué un axe stratégique majeur. De fait, dans la forêt de Taza (qui s’étend sur plus de 400.000 ha) aujourd’hui encore, certains clandestins subsahariens, venus d’Algérie, trouvent refuge en attendant de rejoindre les côtes de la Méditerranée. Profitant des innombrables grottes qui meublent les contreforts de la forêt, ils passent aisément inaperçus.

- population : la ville de Taza compte quelques 144 000 habitants (recensement de 2004).

- Histoire et patrimoine

- Seul passage carossable d’Est en Ouest, « la trouée de Taza » fut de tout temps, comme son nom l’indique (dérivé du berbère »tizi » signifiant ’’passage’’), un couloir d’invasion pour l’Afrique du Nord. Les Romains, les Arabes l’empruntèrent, maintes fois elle vit le flux et le reflux des conquérants berbères.

- Fondée au 10ème siècle par les Berbères de la tribu Meknassa, Taza s’est développée autour d’un couvent fortifié. Les Almohades, les Mérinides et, en dernier lieu, les Alaouites s’en emparèrent ; car, « lorsqu’on a pris Taza, on finit toujours par maitriser Fès », comme l’affirme un dicton local. Sous la dynastie almoravide, à partir de 1074, la citadelle tomba aux mains du sultan almohade Abd el-Moumen, en 1132. Il en fit provisoirement la capitale du Maroc et ordonna la construction d’une muraille circulaire. Ces remparts, encore visibles par endroits, furent agrandis au 14ème siècle par les Mérinides. Deux siècles plus tard, les Saâdiens les renforcèrent pour stopper l’avancée turque. Chargée de défendre la porte orientale du pays, Taza eut également pour mission de pacifier les tribus berbères des montagnes voisines. De leurs nids d’aigles inexpugnables, les ’’rebelles’’ ne cessèrent de narguer le pouvoir central.

- Taza renoua avec une certaine aisance, sous domination française, à partir de mai 1914, quand elle servit de base arrière aux campagnes militaires contre les rébellions du Rif. Développée économiquement sous le Protectorat, Taza a, depuis lors, rompu avec son passé mouvementé. Aujourd’hui, elle attend l’autoroute qui la reliera bientôt à sa grand voisine de Fès.

- Données économiques

- l’agriculture constitue un secteur capital dans le tissu économique de Taza. Elle occupe la quasi-totalité de la population rurale. Il s’agit d’une agriculture vivrière à base céréalière , combinée à l’arboriculture (essentiellement des oliviers avec 13% de la production nationale, des amandiers et des figuiers) et à l’élevage.

- l’industrieen est encore au stade embryonnaire. Mais, les efforts réalisés par les pouvoirs publics pour attirer les investisseurs privés, notamment en créant des zones industrielles, en améliorant la qualité des réseaux routiers et ferrés, commencent à porter leurs fruits : consciente du fort potentiel arboricole de la région, l’industrie agro-alimentaire commence à investir dans la province de Taza. Le secteur du textile et de la confection est appelé à se structurer et à investir en technologie, en formation et en qualité, pour faire face aux défis de la mondialisation et à la concurrence des pays d’Asie. Les industries chimiques et para-chimiques et les industries mécaniques, métallurgiques et électriques n’occupent qu’un poids économique mineur.

- l’artisanat dans la province de Taza est un secteur relativement important dans le développement économique et social puisqu’il emploie 8% de la population active.Il jouit de la disponibilté de matière premières à bon marché. Ce secteur porte surtout sur le tissage de tapis, broderie, sculpture sur bois et couture traditionnelle berbère.

- l’écotourisme est encore peu développé malgré l’existence d’un réel potentiel. Celui-ci tient à la richesse et la diversité de la faune et de la flore de l’immense domaine forestier, à la présence de sites souterrains appréciés des spéléologues (grottes de Chiker, gouffre de Friaouato), à un domaine montagneux escarpé (le mont Bou Iblane culminant à 4950 m - le plus haut du Maroc - couvert de neige pendant au moins six mois de l’année ; le Jbel Tazzekane tout proche de la capitale provinciale). Taza est sans doute la province la plus enneigée du Maroc, en durée comme en quantité).

- Données sociales

- Selon le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de septembre 2004, ayant servi à l’actualisation de la carte de la pauvreté, la province de Taza arrive parmi celles où le taux de pauvreté est des plus élevés. La pauvreté absolue y dépasse les 20 % (moyenne nationale établie à 14,2 %, avec de larges disparités entre milieux rural et urbain).

- Présence française et coopération décentralisée

- On compte une cinquantaine de Français immatriculés à Taza, presque tous binationaux.
- Une antenne de l’Institut français de Fès devait y être ouverte à la rentrée scolaire 2007-2008, mais la municipalité n’a pas trouvé de quoi l’abriter.
- Pas de relation de coopération décentralisée avec la France.



publié le 19.12.2011

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