Séverine Ségard

Une semaine après la clôture de la 20e édition du Salon international de Tanger des livres et des arts, découvrez le portrait de Mme Séverine Ségard, chef de projet du Salon à l’Institut français de Tanger.

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- Quels sont les éléments qui vous ont conduit à vous installer dans la région Nord du Maroc ?

A l’issue de mes études, je souhaitais consolider ma formation par un stage dans le milieu culturel, de préférence à l’international. Je me suis naturellement tournée vers le réseau culturel français à l’étranger dont les missions coïncidaient avec mes aspirations professionnelles. A l’époque, un programme appelé « Jeunes professionnels culture » permettait à de jeunes diplômés d’acquérir une première expérience dans le réseau avec la garantie de conditions suffisantes de ressources. J’ai donc prospecté un peu partout dans le monde et ai répondu à la proposition de l’Institut français de Tanger, le premier à avoir manifesté un intérêt pour ma candidature. Je suis arrivée à Tanger en juin 2006 pour une durée initiale de 6 mois, cela fait maintenant près de 10 ans que j’y vis !

- Quelle est votre occupation professionnelle ? Votre engagement, votre activité principale actuellement ?

Depuis près de 5 ans, je suis chef de projet du Salon International de Tanger des livres et des arts à l’Institut français de Tanger. Au sein du commissariat, aux côtés du directeur et du responsable de la médiathèque, je participe à l’élaboration du programme et au choix des intervenants. J’assure le lien avec eux, de leur invitation à leur arrivée à Tanger. J’ai en charge la coordination générale de l’événement sur les plans logistique, administratif et communicationnel avec toute l’équipe de l’Institut français, l’ATRAC et nos nombreux partenaires.
L’organisation d’une manifestation telle que le salon est une mission qui requiert de longs mois de préparation, cela m’occupe donc à plein temps la majeure partie de l’année et me laisse du temps libre durant les mois d’été, ce qui est plutôt agréable à Tanger !

- Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

C’est une question à laquelle il m’est difficile de répondre tant le Maroc fait partie de ma vie. 10 ans c’est près du tiers de mon existence. Après toutes ces années, je ne perçois évidemment plus les choses de la même manière que lorsque je suis arrivée. Je me sens pleinement chez moi tout en ayant conscience que je reste une hôte dans ce pays. Je pense que le Maroc m’a apporté un certain équilibre après quelques années de vadrouille autour du bassin méditerranéen, et ce n’est finalement peut être pas un hasard si j’ai posé mes valises à Tanger, au carrefour de nombreuses routes et cultures comme on le rappelle souvent. Enfin, au risque de ne pas être originale, je dirais aussi que ce pays m’a enseigné la patience.

- Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

Non, je n’ai pas connu de difficultés particulières, si ce n’est l’obtention et le renouvellement de la carte de résident qui nécessite toujours quelques allers et retours dans les couloirs de l’administration locale.
D’une manière générale, je pense qu’il est très facile de s’installer et de s’intégrer au Maroc. Les Marocains sont accueillants, bienveillants et ils sont toujours très curieux de savoir ce qui vous a amené ici, cela permet d’établir des contacts très rapidement. L’absence de barrière linguistique est aussi un avantage certain pour les Français qui vivent au Maroc.

- Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

Bien sûr, je l’encouragerais à venir. Je lui donnerais aussi quelques informations utiles, notamment climatiques car Tanger n’est pas Marrakech ou Agadir ! S’il ne vient pas dans un cadre professionnel prédéfini comme les expatriés ou les VI, je lui conseillerais de se renseigner sur le contexte économique, sur la législation en vigueur et sur les opportunités qui pourraient se présenter à lui. Trop souvent, j’ai vu des personnes arriver comme en terrain conquis et repartir quelques mois ou années plus tard sans avoir réalisé leur projet ou trouvé ce qu’ils souhaitaient. Le Maroc est un pays qui offre de nombreuses facilités aux étrangers qui souhaitent s’y installer ou y investir, mais je pense qu’avant d’entreprendre quoi que ce soit, il faut prendre le temps d’apprendre à connaître sa culture.

Dernière modification : 23/05/2016

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