Charlotte Poitout

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Charlotte Poitout, VSI.

  • Quels sont les éléments qui vous ont donné envie de venir vous installer dans la région Nord du Maroc ?

Je suis arrivée à Chefchaouen en 2009 au hasard d’un stage de fin d’études et je suis tombée sous le charme !

J’ai décidé de postuler à un poste de travail et ai été retenue comme chargée de projets de coopération avec la Diputacion de Cordoba (Espagne). J’ai donc vécu un an à Chefchaouen, travaillant notamment sur deux projets d’Ecoles-Atelier pour l’insertion socio-économique de jeunes non diplômés en situation de vulnérabilité. J’ai pu en profiter pour mieux connaître la Région, ses habitants, ses traditions. Je me suis sentie très bien accueillie et ai beaucoup apprécié la gentillesse des gens et la beauté des paysages ainsi que leur diversité.

  • Quels sont votre occupation professionnelle, votre engagement, votre activité principale actuellement ?

Je suis actuellement chargée de mission Economie Sociale et Solidaire (ESS) dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée entre la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la région Tanger Tétouan, sous statut de volontaire de solidarité internationale (VSI) par le biais de France Volontaires (plus d’informations à ce sujet sur le lien suivant : http://www.france-volontaires.org/-Volontariat-de-solidarite-internationale-VSI-). Depuis plus de 10 ans, les deux Régions sont liées par un accord de coopération et de nombreux volontaires ont été mobilisés sur des missions très variées. En ce qui me concerne, j’ai donc été recrutée par France Volontaires pour être mise à disposition de 2 partenaires de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur que sont Energies Alternatives (coopérative d’activité et d’emploi) et la Chambre Régionale d’Economie Sociale et Solidaire PACA (CRESS PACA) pour travailler, au sein du Conseil Régional de Tanger Tétouan, sur un projet lié à l’ESS visant à appuyer la mise en œuvre d’une politique régionale d’ESS sur le territoire.

Je sers ainsi de relais de ces partenaires sur place, et appuie l’équipe technique concernant la gestion du projet et la réalisation des actions prévues.

  • Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet lié à l’ESS ?

L’ESS est en pleine expansion actuellement en Maroc, elle constitue un vivier de création d’emplois durables et respectueux de l’humain. A ce jour, dans le cadre de ce projet, la première Maison régionale de l’Economie Sociale et Solidaire (MESS) a été créée au niveau du Conseil Régional de Tanger Tétouan. C’est à la fois un lieu d’accueil et d’orientation des acteurs de l’ESS, mais aussi un moteur de promotion de ce secteur au niveau de la région. Elle a pour ambition de devenir l’acteur de référence de l’ESS sur le territoire, et ce par le biais de différents outils : la MESS dispose d’un Observatoire Régional de l’ESS, qui est en cours de consolidation dans le cadre de ce projet ; une Plateforme régionale des principaux acteurs du secteur a également été créée, du nom de NORESS, visant une meilleure coordination et mutualisation de leurs moyens et de leurs actions. De plus une expérience pilote est également menée dans le cadre de ce projet, qui concerne l’adaptation au contexte régional du concept d’Entreprise Collective Partagée développé par Energies Alternatives en France ces quinze dernières années.

Prévu sur 24 mois, j’ai souhaité renouveler pour un an de plus mon contrat de VSI afin de suivre au mieux le développement de ce projet.
Cette expérience touchera donc à sa fin, pour ma part, au mois de Mai 2015, mais le projet, lui, continue.

  • Qu’est-ce que votre installation au Maroc a changé en vous ?

J’ai très certainement appris - un peu à marche forcée parfois ! - la patience ! Et à prendre le temps de vivre le présent.

  • Avez-vous connu des difficultés à vous installer, ou les démarches ont-elles été, au contraire, faciles à mener ?

Pour être honnête, j’ai eu beaucoup de mal à m’adapter à la ville de Tanger, après avoir vécu un an à Chefchaouen.

A la fin de mon contrat, j’ai déménagé sur Tanger : quel contraste ! Aux premiers abords, elle m’a parue violente. Trop de bruit, trop de gens, trop de voitures, plus de montagnes ! Une fourmilière pleine d’anonymes, alors que je venais d’un cocon où tout le monde se connaît.

Aujourd’hui (cela fait maintenant 4 ans que j’y vis), je pense que j’aurais du mal à vivre ailleurs.

Pour ma part, Tanger se mérite. Elle ne m’a pas laissée l’apprivoiser facilement, mais je serais perdue sans ces vues sur le Détroit et cet ordre bien particulier qui trouve sa place dans ce qui à première vue paraît un chaos urbain.

Pour ce qui est des démarches, outre l’obtention de ma première carte de résidence (mais cela fait peut-être même partie du charme de la région), je n’ai pas eu de difficultés particulières concernant mon installation.

  • Quels conseils donneriez-vous à un Français qui déciderait de venir s’installer dans la région Nord du Maroc ?

Bien prendre le temps d’observer tout ce qui se passe autour de lui/elle, pour apprendre.

Et apprendre à parler la darija, pour pouvoir profiter et échanger au mieux avec les gens. Ils en sont, de plus, très reconnaissants.

Dernière modification : 05/06/2015

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